Le baiser, Gustave Klimt (1908, Fragment) - DR.
Un tiers de siècle après la grande “révolution sexuelle” des années 68, beaucoup de nos contemporains continuent de se sentir frustrés, insatisfaits, persuadés de passer à côté de l’essentiel. Si bien qu’un nombre croissant d’entre eux s’ouvrent à une approche spirituelle de la sexualité. Ils ne séparent plus le sexe de l’amour et, ne limitant plus la jouissance à sa seule dimension pulsionnelle (comme dans les visions puritaines du monde, finalement), voient au contraire en elle le plus bel outil spirituel concevable. Inversement, se disent-ils, si l’Amour est pour la plupart des spiritualités la question centrale de l’existence humaine, comment ne pas admettre que la mise en acte de ce mot très énigmatique trouve son plus bel atelier dans la relation sexuelle ?
Comme si la meilleure manière de faire se rejoindre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, la main et le cœur, l’art et la science... passait d’abord par l’art de fondre en un seul feeling le tendu et le relâché, la supplication et la jubilation, la concentration et l’abandon... et comme si cette fusion elle-même, passait d’abord par l’apprentissage d’une danse, amoureuse d’un partenaire caché derrière l’horizon, à l’infini ; une danse venant s’ancrer dans l’art de mêler le Yin et le Yang, le mâle et la femelle, avec, au centre du temple, le pénis et la vulve, mandalas de quelles forces fabuleuses ? Si l’homme et la femme sont deux moitiés d’un même Être primordial... lorsqu’ils s’unissent, pourquoi cet Être ne s’éveille-t-il pas automatiquement ?