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Le plus cinéphile des penseurs français estime que les cinéastes ont remplacé les prêtres et les philosophes, et que le cinéma peut jouer un rôle décisif dans l’évolution humaine, s’il sait remplir la fonction symbolique abandonnée par la modernité. Sa chronique reprend des films de toutes époques.

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Michel Cazenave


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Michel Cazenave

Il faut savoir rire et sourire



Quand le printemps revient, autant se mettre au diapason et se rappeler que parfois la vie peut être rose - ou qu’on peut la prendre avec cet humour dont saint François de Sales déclarait que c’était une des plus hautes attitudes spirituelles. . . Alors, dans cette époque de renouveau, je voudrais attirer l’attention sur des films dont la sortie en DVD n’avait sans doute pas reçu toute l’attention qu’elle méritait - obnubilés que nous sommes par les menaces qui s’amoncellent.

On l’aura bien compris, c’est de comédies que je me sens l’envie de parler aujourd’hui, de ces comédies qui nous rappellent que tout est finalement toujours possible - y compris le meilleur. Et tout d’abord un très vieux film (plus de soixante ans aujourd’hui !) : Ce que femme veut d’Archie Mayo. Là, en compagnie de l’inoubliable et historique orchestre de Glenn Miller, nous partons en tournée à travers l’Amérique tout en suivant les péripéties sentimentales d’une jeune fan qui est tombée amoureuse et qui va épouser son trompettiste de mari : de titre en titre d’anthologie (Je pense singulièrement à la Serenade in blue ou à l’indépassable I’ve got a Gal in Kalamazoo), nous découvrons - mais est-ce vraiment une découverte ? - que rien ne peut résister à la volonté d’une femme et que, malgré toutes leurs rodomontades, les hommes ne sont jamais que de petits enfants mal grandis qui ont besoin de tendresse, de réconfort et de bras accueillants pour les dorloter.

Salutaire leçon dans un monde qui fonctionne sur le principe de la violence et sur la suffisance masculine à tout vouloir régler par la force ou par de fausses séductions où perce à tout coup une ambition mal déguisée. . .

Deux autres comédies - de ces comédies qu’on appelle d’habitude, avec quelque condescendance, des "comédies sentimentales", comme si les sentiments étaient quelque chose de honteux dont la "suprématie" des mâles ne saurait s’embarrasser : dans Éclair de lune de Norman Jewison, aussi bien que dans Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell, on voit bien en effet comment la rencontre d’une femme peut faire basculer toute une vie - ou comment une femme, sous le clair de la lune qui baigne Manhattan, peut soudain prendre conscience que, après tout, elle a aussi droit à sa vie, à la liberté de son coeur et à l’authenticité de son amour.


© Michel Cazenave




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