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Quelles alternatives humaines à la crise ?

Cette fois, nous y sommes. La crise est ouverte. Et même si c’est momentanément la monnaie et l’économie qui tiennent le devant de la scène, nous savons bien qu’il s’agit d’une crise totale. Économique, énergétique, alimentaire, écologique, sociale, politique, culturelle, éthique, spirituelle. Mais il est évident que la première clé d’une éventuelle porte de sortie vers autre chose passe par l’articulation de l’économie et de l’écologie. Il fut jadis de bon ton de se moquer des « physiocrates » qui expliquaient l’économie en utilisant des métaphores tirées de la nature. Aujourd’hui, ces métaphores nous sautent à la figure. Prenez la monnaie, que l’on compte tantôt en centimes (un prêt de la Grameen Bank, qui aide toute une famille bengali à commencer à entrevoir un avenir, peut s’élever à 10 euros) tantôt en milliers de milliard de dollars (quand il s’agit de renflouer les banques qui ont joué au casino). La métaphore physiocratique, ou écologique, comparerait ces liquidités à du sang. Aujourd’hui, l’économie mondialisée forme un seul gigantesque système, un seul gigantesque organisme humain. Pour vivre, un organisme humain a besoin de sang. De sang harmonieusement réparti dans tous les membres, tous les organes, toutes les cellules. Si tout votre sang se trouvait concentré dans une petite partie de votre corps, laissant les autres parties exsangues, vous tomberiez dans les pommes et seriez menacé de mort. C’est ce qui se passe actuellement. Quelque chose de colossal est menacé de mort. Cela peut être le signe d’une mutation que beaucoup attendent depuis longtemps. Cela sera certainement une période de troubles et de souffrances accrues. Nous aimerions surtout croire à la mutation et nier les souffrances. Notre dossier n’apporte modestement que quelques regards sur la question.

Sommaire des articles du dossier "Quelles alternatives humaines à la crise ?"