Une spiritualité sans Dieu est-elle pensable ?
Paru à l’automne 2006, le livre d’André Comte-Sponville, L’Esprit de l’athéisme - Introduction à une spiritualité sans Dieu , a aussitôt connu un beau succès de librairie... et dérangé pas mal de monde, dont plusieurs de nos amis, croyants comme incroyants. Tous ont tendance à s’insurger contre cet oxymore, cet alliage contre-nature, apparemment impossible et non viable, pour ne pas dire cette monstruosité absurde. Il est vrai que nous avons été généralement habitués, depuis la prime enfance, à considérer que la spiritualité, c’est-à-dire la vie intérieure, ne peut fleurir que dans le cadre d’une foi déiste, voire d’une religion instituée. L’athée est donc censé être aussi aspirituel. Les générations nées au XX° siècle, surtout dans sa seconde moitié, ont pourtant eu la chance, de vivre de façon suffisamment ouverte et libre pour desserrer en grande partie l’étreinte d’acier de ces restrictions. Il est loin le temps où nos ancêtres refusaient que ceux qu’ils considéraient comme des « sauvages », des « infidèles » ou des « barbares » (= tous ceux qui n’étaient pas de leur religion) puissent avoir une vie spirituelle. Cela dit, la plupart de ceux-là, barbares ou pas, croyaient à une transcendance - chacun à sa façon. Qu’en est-il pour celui qui affirme savoir que RIEN n’existe au-delà du monde ? Vaste débat, que nous n’avons certainement pas la prétention d’épuiser, mais simplement d’éclairer... Trois intervenants : le philosophe athée André Comte-Sponville qui pose le débat ; le théologien croyant Jean-Yves Leloup, qui lui répond ; enfin le scientifique agnostique Albert Jacquard, dont on peut se demander finalement s’il penche vers l’un ou vers l’autre.
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