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Engagé
avec véhémence dans la politique (contre les OGM notamment),
J.-M. Pelt pense que tout est parti d’une rupture radicale.
C’est quoi
le problème ?
Le problème, c’est le rapport complètement inadéquat avec la nature
: au lieu de la jardiner avec amour, nous l’exploitons. Ce n’est
pas de l’avoir labourée un jour, c’est de l’avoir brutalisée.
Les premiers jardins ont été faits par des femmes, de manière
toute féminine... Ensuite on a pris des socs, puis des tracteurs,
puis d’énormes bulldozers et maintenant on casse tout. On a droit
aux technologies, on n’a pas le droit d’en faire un mauvais usage
- Je suis convaincu que les dérèglements écologiques viennent
d’un profond désintérêt pour la terre. Le fait de ne pas l’aimer,
tout part de là.
Mon pire
cauchemar ?
Ce serait que les OGM soient tout d’un coup à l’origine d’une
maladie virale dévastatrice, que personne n’avait prévue - aussi
imprévue que la vache folle et le sida. Un agent pathogène redoutable
dont on ne saurait se débarrasser et qui se répandrait à toute
vitesse à travers la nature. Même les végétariens ne pourraient
plus manger !
Quelles
solutions...
Le premier pas, quand je parle de ces questions avec des gens
conscients - comme vous ! - c’est de remettre tout ça sur des
rails pour réussir le siècle qui vient, grâce à la sensibilité
des jeunes. Il est frappant de constater que même des jeunes sans
préparation aucune sont archi sensibles à la disparition des bosquets,
des haies, des bois... En parler, échanger, dans le but d’agir,
naturellement ! C’est une rude bataille contre l’argent, contre
Mamon. C’est lui l’adversaire. L’argent est très puissant. Il
pousse les hommes à exploiter violemment cette société qui consomme
et consume en même temps. Par rapport à ça, il n’y a que la solidarité,
l’amour de la terre et l’amour des hommes. Aujourd’hui, nous sommes
dans l’urgence.
Le temps des avertissements est passé. C’est le temps de la panique.
La moitié des bulletins d’info sont consacrés à l’écologie. Nous
sommes dans l’œil du cyclone. Une position très précaire !
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