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Ayant
embrassé la causes des Kogis de Colombie, Éric Julien travaille
à tisser des liens entre la connaissance primordiale et le monde
post-moderne.
C’est quoi
le problème ?
Le problème, c’est la coupure homme-nature. Nous avons perdu ce
lien et, ce faisant, perdu le lien avec nous-même, avec notre
propre “nature intérieure”, ce qui provoque une multitude de déséquilibres
qui vont aller en s’accentuant.
Mon pire
cauchemar ?
C’est le film Soleil vert avec, en plus, des cataclysmes. L’homme
devient une matière que l’on mange, pollution accrue, plus d’arbres,
femme vendue comme animal, relations humaines disparues.
Quelles
solutions...
J’ai un souvenir clé : celui du rire d’un enfant dans une rue
d’un quartier difficile, à Bogota. La confiance et l’amour irradiaient
de cet enfant, malgré la misère. Malgré tout, il reste toujours
possible de renouer ce lien homme-nature et de réapprendre ce
que nous sommes. Pour ma part, ce retour prend la forme d’une
tentative de dialogue avec les dernières sociétés qui ont gardé
leurs liens avec la nature. Les Kogis de Colombie, avec lesquels
je suis en relation, regardent le monde comme un écosystème. Tout
chez eux, leur économie, leur politique, leur religion, repose
sur cet écosystème. Nous devons réintégrer cette vision écosystémique
dans notre propre fonctionnement. Cela revient à redonner à chaque
homme et chaque femme la place de son talent, de ce qu’il est,
de ce pour quoi les autres le reconnaîtront et l’aimeront.
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