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Le Tantra, ce n’est pas ce que lon croit.
La diffusion du tantrisme...

Au début de notre ère, le tantrisme s’infiltre dans les divers courants de l’hindouisme
et du bouddhisme. À partir du royaume d’Oddyâna, l’actuelle vallée de Swat au Pakistan (Urgyen en tibétain, Wou-tch’ang en chinois), et de son voisin le royaume du Cachemire, l’enseignement tantrique se répand dans toute l’Inde, au Tibet, en Chine et au Japon.
Il influencera grandement le bouddhisme ch’an chinois qui, à l’instar du tantrisme cachemirien, se définira comme « l’école du Cœur », chère à Mazu, grand maître ch’an du VIIIe siècle.

En Chine
C’est entre le vie et le xie siècle que l’influence tantrique atteint son apogée.
Le laïc Song Yun visite l’Oddyâna en 518, sur l’ordre de l’Empereur des Wei, et est émerveillé par la beauté du pays et la sagesse de ses habitants. Au retour, il rencontre Bodhidharma (470-553 ) dans les monts de Chitral, lequel revient au pays des dakini après avoir donné au Ch’an son élan majeur. Bodhidharma, selon certains érudits était porteur des deux lignées, bouddhiste et tantrique. Le premier pèlerin indien à avoir apporté en Chine une importante collection de textes tantriques serait Punyodaya, en 655. Il fut suivi par deux grands maîtres indiens, Shubhakarashima (637-735) et Vajrabodhi (671-741). Encore aujourd’hui des maîtres, Mi-Tsung proclament que la pratique tantrique est le couronnement de la voie.

Au Japon
De la Chine, le tantrisme arrivera au Japon au VIIIe siècle, par Kobo-Daishi, fondateur de l’école Shingon qui l’a transmis jusqu’à nos jours.


Parti de la vallée de Swat (nord Pakistan) et du Cachemire, le Tantra, malgrès son ésotérisme, a influencé une bonne part de l'Asie, gagnant d'abord l'Inde, puis la Chine - jusqu'au Japon -, enfin le Tibet.

Au Tibet
Dès la fin du VIIIe siècle, avec le célèbre yogi Padmasambhava, originaire d’Oddyâna, le tantrisme pénètre au Tibet sous la forme du Dzogchen, ou
« Grande Perfection1 ». Il y fleurit dans l’école « des anciens », les Nyingmapa. Deux siècles et demi plus tard, lors de la seconde diffusion des enseignements au Tibet, Tilopa Naropa (selon certaines sources lui aussi originaire d’Oddyâna) et sa consort Nigouma transmettent le Mahamoudra, ou « Grand Sceau », au Tibétain Mar-pa (1012-1098). Son disciple, l’ascète et poète Milarepa, transmet à son tour ces enseignements tantriques à Gampopa, fondateur de l’école Kagyupa2.

1. Également transmis par la tradition Bön, le Dzogchen remonte à Garab Dordghé qui,
selon les sources, vécut au vie ou au viie siècle avant J.-C.
2. Il est à noter que, mis à part les deux derniers, tous ces maîtres éminents reçurent les enseignements de yogini d’Oddyâna ou du Cachemire.

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