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Professeur
Dürckheim : Le “monde” entier que nous observons, et nous-mêmes
en son sein, peuvent être perçus comme une tentative de l’infini
pour apparaître dans le fini. Chaque chose, chaque fleur, chaque
arbre, chaque animal, chaque être humain, tel qu’il est vit, déborde
de la force de la vie qui tend sans cesse et éclore en lui, et
y apparaître en une forme particulière. Nous sommes appelés à
témoigner nous-mêmes, par elle et en elle de ce “tout autre” qui,
d’abord voilé, est destiné à être manifesté. Pour celui qui est
éveillé à la Voie, un savoir brûlant anime de sa pulsation ses
jours et ses nuits dans une expérience qui est une promesse et
une mission.
K-G
Dürckheim - D-R
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Jeanne
Guesné : Je pense que la Connaissance qui découle de l’expérience
du contact direct avec l’Être en Soi, marque une étape, ou un
seuil à franchir...
Pr. Dürckheim : Pour celui qui échappe un moment à l’agitation
de la vie quotidienne, et qui au contact de la nature au bord
d’une rivière, dans une forêt, au bord de l’océan, se libère de
ses tensions, il est certain qu’il peut goûter l’expérience merveilleuse
de se sentir intégré dans la plénitude d’une force qui sourd de
sa profondeur et le régénère.
Dans cette première prise de contact avec la transcendance, la
Conscience de l’Être lui apparaît plus nettement qu’à travers
les valeurs morales et les diverses croyances religieuses. Même
dans l’érotisme et la sexualité, il existe quelque chose de transcendantal
qui fait éclater le carcan de la “conscience définissante et objectivante”
du moi, et lui permet de dépasser les limites sclérosées de ce
moi hypertrophié.
Les éléments fondamentaux de l’exercice requis sont de trois modalités
: Attitude - Respiration - Tension. Le corps, comme moyen d’expression,
nous parle à travers l’“attitude”, déterminée par le centre de
gravité : le hara1.
A travers la Respiration, on commence à prendre lentement conscience
du corps “intérieur” qui s’ouvre et qui se ferme au rythme du
grand va-et-vient du souffle de la Vie. Et par une “tension” juste,
résultant d’une attitude juste et d’une respiration juste, nous
apprenons à “nous lâcher dans les épaules”, et non à tomber
les épaules. Nous apprenons ainsi à lâcher prise, c’est-à-dire
à nous libérer de l’emprise de notre moi.
J.G : M.
le professeur, parlez-nous de ce lâcher-prise qui suscite tant
d’engouement chez les Occidentaux. Lâcher prise de quoi ? Par
qui ? Est-il seulement physique ?
Pr. Dürckheim : C’est essentiellement un mouvement par
lequel l’homme se dégage du nœud coulant dans lequel il s’était
pris en s’identifiant à son moi. Lâcher prise, c’est se laisser
pénétrer, dans la demi-obscurité de notre comportement habituel,
par une nouvelle conscience où tout luit de l’intérieur. Voyez-vous,
lâcher prise “en haut” dans le commencement de l’expiration et
se “poser” dans le bassin, sont deux aspects d’un seul et même
mouvement. Souvenez-vous qu’il n’existe aucune maladie physique
ou psychique, dont la guérison ne soit liée à la détente naturelle
de tout l’abdomen. Etre dans le hara, c’est disposer de l’énergie
dont on a besoin.
Mais n’oublions pas que lorsque nous posons les questions “Quoi
? Où ? Quand ?”, cela signifie que nous sommes prisonniers
du mode pensée conforme à notre vision objectivante du monde.
Or si la réalité véritable doit nous atteindre, il nous faut apprendre
à élaguer ce qui la déforme. Il existe aussi des exercices par
lesquels l’homme croit s’engager sur la voie et qui l’égarent.
Ce sont les fameux exercices de respiration, de relaxation, de
postures, de méditations. Certes, ils apportent une libération
passagère des tensions ou des crampes et produisent un certain
calme. Mais en réalité, ils ne sont qu’un leurre et renforcent
l’énergie de l’ego. Ils ne font qu’accroître en lui “le vieil
homme” et son appétit de savoir et de pouvoir. Il faut demeurer
vigilant. Lorsque le moi est trop introverti ou trop extroverti,
aucune force terrestre ne peut libérer l’homme de ses angoisses,
de sa tristesse, ni l’aider à retrouver la Foi et la Sécurité
dans la vie. Seul le hara permet le contact permanent avec l’Être.
J.G :
M. le professeur, le Maître est-il indispensable au chercheur,
et comment le rencontrer ? Aujourd’hui, et de plus en plus souvent,
ces questions fusent de la jeunesse qui se sent instable et sans
racines. Quelles réponses pouvez-vous leur apporter ?
Pr. Dürckheim : La maturation d’un homme est impossible
sans un contact avec son centre le plus profond : son Être Essentiel.
A ce moment, le besoin d’une direction sur la voie intérieure
devient donc impérieux. L’homme est arrivé à une impasse, les
croyances traditionnelles ne sont plus une aide. Or, il faut bien
comprendre que le “Maître”, qu’il soit une idée, une réalité vivante
ou un appel intérieur, signifie toujours la vie faite Homme.
Ainsi, il n’existe de Maître qu’associé à la Voie et à l’élève.
Maître, Voie, Disciple sont une trinité en chemin vers le “Royaume”
qui n’est pas de ce monde.
J.G :
Vous insistez beaucoup sur la pratique du quotidien comme exercice,
notamment sur la pratique du hara. C’est une notion qui mérite
toute notre attention...
Pr. Dürckheim : En effet, Madame, la pratique du hara libère
l’homme de son dualisme incessant entre son corps et son âme.
Le hara est le centre vital de l’homme qui recèle sa puissance
et son équilibre. Or, l’Occidental, surtout, doit faire attention
à ne pas sombrer dans une spiritualité idéaliste et vide de substance
qui ne mène nulle part. Aussi doit-il prendre racine dans son
centre originel : son hara. Mais, ajoutons aussitôt qu’une description
du hara diffère autant du hara véritable, qu’une explication de
l’eau bouillante sur le doigt est différente de l’expérience faite
en l’y plongeant. Depuis longtemps on connaît en Orient, et surtout
au Japon, l’importance de l’abdomen. N’oublions pas que cette
importance est également soulignée dans les images et les sculptures
de l’homme à l’époque romane et au début du gothique, même celles
du Christ et surtout celles du Christ en majesté. L’exercice sur
le chemin de l’intégration qui conduit à la transcendance insiste
beaucoup sur cet aspect. Nous le trouvons au Japon dans l’enseignement
et la pratique du hara. Au sens propre du terme, il signifie “ventre”.
Lorsque l’homme parvient à s’ancrer dans le hara, il le ressent
comme un espace où il est relié avec une puissance vitale qui
le régénère. A partir de cet enracinement, il peut combattre,
créer, aimer...
Rien ne le bouleverse, rien ne menace “son équilibre vivant”,
il peut agir. Certains hommes le possèdent naturellement, pourrait-on
dire, et ils s’imposent à leurs contemporains comme allant de
soi.
Voyez-vous, j’ai rencontré deux fois le général de Gaulle, il
avait le hara puissant. J’ai ressenti l’intensité de son contact...
De tels hommes marquent leur temps inexorablement. Le premier
don du hara est une meilleure stabilité et une plus grande “force
de réalisation et d’affirmation”. Le deuxième lui confère la “forme
vraie”, propre à chaque être humain. Mais ce n’est qu’avec le
troisième don - la transparence au “tout autre” - qu’on atteint
la transcendance.
Christ
en majesté (Trêves, Xéme s.)
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J.G :
Vous signifiez ainsi le contact direct
avec l’Être ?
Pr. Dürckheim : Le hara libère l’homme de toutes les attitudes
qu’il a adoptées en fonction de son rôle dans la Vie. Alors débarrassé
du désir contraignant de vouloir paraître plus que ce qu’il est,
sa façon nouvelle d’être là, à partir de son centre, est à elle
seule un moyen de communiquer à l’appui des forces profondes.
Faisons l’expérience ensemble. Quittons la bonne position qui
est la nôtre en cet instant. (Nous étions l’un et l’autre assis
sur des chaises). Affaissons-nous quelque peu sur nous-mêmes sans
présence à soi-même, avachis en quelque sorte. Ressentez-vous
cette impression d’être sans vie ? Inerte ? ... Et maintenant,
prenons l’attitude opposée : bomber la poitrine, rentrer le ventre,
se sentir un chef... Le petit moi a repris toute son arrogance,
il exulte. Vous voyez qu’entre ces deux mauvaises attitudes, il
existe une faible marge qui correspond à la “seule” position permettant
de sentir une mystérieuse et bienfaisante vibration, si légère
qu’on ne sait si elle est en rapport avec la respiration ou avec
le pouls - ce qui d’ailleurs n’a aucune importance. Ce qui est
capital, c’est de percevoir cette impression de bonheur qui naît
de cette vie toute vibrante.
J.G :
M. le Professeur, lorsque j’ai rencontré votre enseignement, en
1962, avec la traduction en français de Hara, Centre vital
de l’Homme2,
j’ai aussitôt reconnu dans la description que vous donniez du
lâcher-prise simultanément avec “l’ancrage” dans le hara, l’attitude
naturelle de mon père, décédé en 1948. Il en était redevable,
m’avait-il dit, à un Serbe avec lequel il s’était lié d’amitié
aux Dardanelles, lors de la Première Guerre mondiale. Par ailleurs,
mon premier Maître, Madame T, sans aucune prétention intellectuelle,
possédait le hara au plus haut point. Le simple fait d’évoquer
sa mémoire aujourd’hui me fait entrer spontanément dans cette
énergie, c’est-à-dire me relier à mes racines. Or, ni mon père
ni Madame T. ne connaissaient le mot hara. C’est vous dire combien
mon désir de vous rencontrer fut déterminant, vous qui apportiez
une explication logique à ce “geste” que je connaissais et que
je pratiquais depuis plus de vingt ans déjà.
Étant infirmière (mobilisée) au front durant la Deuxième Guerre
mondiale, j’assistai de nombreuses fois à la mort de blessés.
Il s’agissait toujours d’hommes jeunes, bien portants, frappés
brutalement dans leur intégrité vitale. Chaque fois, je ressentis
le prélude de la fin de leur existence, par leur “lâcher” du haut
des épaules qui les “déshabillait” mentalement,
les emplissant d’un calme religieux. Celui qui “partait” était
un “autre”... Que pensez-vous
de cela ?
Pr. Dürckheim : Je suis très intéressé par votre constatation.
Il est très important pour un homme de “vivre” sa mort. C’est
l’instant crucial où il va pénétrer dans le mystère de la vie,
dans l’infini supra-terrestre. Avez-vous remarqué que vous sentiez
le “lâcher des épaules” comme un déverrouillage du moi qui enserre
l’Être ?
J.G : En
effet, c’est tout à fait cela. Leur visage se détendait et leur
regard semblait éclairé par une étrange lumière. Je leur tenais
toujours la main, comme un ultime contact, mais en silence...
Que peut-on faire à cet instant ? Sinon être là comme une prière
silencieuse...
Pr. Dürckheim : Vous savez, la mort, c’est le retour à
la Vie d’où nous venons. Pendant tout le temps de notre existence,
elle ne nous a jamais quittés, mais nous en sommes inconscients.
La Vie transcende la mort qui met un terme à l’existence seulement.
A la fin de sa vie, comme à sa naissance, l’homme a besoin d’une
aide, et celui qui sent ce besoin doit y répondre, qu’il connaisse
ou non cet homme. Mais qu’il se souvienne qu’en aucun cas il ne
peut être question de petites marques de pitié, de soi-disant
mensonges pieux. Celui qui accompagne le mourant doit se sentir
un avec lui dans l’être intérieur. C’est sans doute le moment
le plus important de sa Vie. Ne lui volons pas sa mort. Aidons-le
à s’abandonner en pleine confiance au flot d’amour infini qui
va l’accueillir.
Vous avez raison, le toucher de la main est très important. A
travers ce contact passe le signe d’une appartenance commune,
la Présence de l’être essentiel qui nous unit tous. Cette présence
éprouvée grâce à la “transparence” de l’instant du trépas, s’exprime
dans ce calme et cette transfiguration du visage et du regard
qui précède la mort et que vous perceviez par “l’union de votre
essence de celui qui partait”. Le rayonnement est le langage de
l’Être. Il ne se localise pas ; ainsi, il ne peut être perçu.
Sa clarté est une sorte de reflet de l’Infini.
Jeanne
Guesené - D-R
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J.G :
Vos paroles sont très douces à mon cœur. Elles me font revivre
la mort de ma mère que j’assistai depuis le premier signe de son
départ. Elle fut toujours très angoissée par l’échéance inexorable
et j’avais l’habitude de la rassurer, la repoussant à plus tard...
Quand, tout à coup, d’une voix changée, mais ferme, elle me dit
: “Je vais mourir”. Je lui répondis sur le même ton : “Oui maman,
tu vas mourir”, et je ne fus plus qu’un avec elle... Très rapidement,
elle n’a pu plus avaler, sa vue s’affaiblit... Elle sombra dans
le coma lentement et de plus en plus profondément. Son agonie
se prolongea toute la nuit et une partie du jour suivant, marquée
par le halètement de sa respiration courte et rythmée.
Devant son visage pâle, de plus en plus tendu, j’obéis à une impulsion
profonde, irrésistible et je lui dis : “Maman, si tu es encore
là, si tu m’entends, je t’en prie, fais-moi un signe...” alors
ses paupières s’ouvrirent et se fermèrent automatiquement sur
des yeux sans regard, où la Conscience n’affleurait plus... Simultanément,
ses mains s’abaissèrent et se levèrent dans le même rythme mécanique...
Je ressentis très fort en moi son effort désespéré pour me répondre
: “Je suis là”. Alors je l’embrassai passionnément en lui demandant
pardon... de la retenir...
Un peu plus tard, ses traits se détendirent, une ombre légère
“vibra” en s’élevant de sa gorge à son visage où ses lèvres ébauchèrent
un sourire, l’ombre gagna le front puis s’évanouit comme un nuage
transparent au-dessus de la tête... Elle avait quitté son corps...
Une paix très douce régnait dans la chambre...
J.G :
M. le professeur, certaines personnes ont, à un moment ou à un
autre, une expérience spirituelle qui parfois même se renouvelle
de loin en loin ; pourquoi, malgré ces expériences, leur comportement
habituel ne change-t-il pas ? Et où se trouve, alors, l’intérêt
de ces expériences ?
Pr. Dürckheim : Il nous faut bien comprendre qu’en l’homme
deux forces antagonistes sont à l’œuvre : l’une est l’élan de
l’Être essentiel qui veut se manifester dans le monde, l’autre
est le despotisme du petit moi qui s’y oppose. Il a son siège
derrière le front et s’oppose à la “présence percevante du corps
tout entier”. Se sentir ancré dans le hara est indispensable pour
que la conscience siégeant dans la tête “lâche prise”. Le centre
de gravité de l’homme doit impérativement se situer dans l’abdomen,
pour que quelque chose change dans son comportement.
Ce n’est que par l’exercice que l’on peut trouver la Voie qui
mène au hara. Le sens de l’exercice au service du chemin intérieur
n’est jamais l’acquisition d’informations matérielles servant
la vie quotidienne, mais la réalisation d’un niveau d’Être supérieur.
Il ne donne pas non plus naissance à l’expérience de l’Être, il
prépare seulement à la recevoir. Voyez-vous, Madame, à travers
la confusion et l’agressivité de la jeunesse d’aujourd’hui, à
travers le bruit de sa révolte, le soulèvement de l’Être se fait
jour. Il veut être reconnu et accepté. Je suis confiant, l’homme
redevient attentif à la sagesse de sa propre profondeur.
J.G :
M. le professeur, quelle est pour vous la différence fondamentale
entre la culture orientale et la civilisation occidentale ?
Pr. Dürckheim : On peut dire que l’Oriental voit la tâche
de l’homme dans l’acquisition de sa maturité intérieure, alors
que pour l’Occidental, l’élément essentiel de sa vie est l’organisation
d’une œuvre valable dans le monde... L’un est l’expérience intérieure
de la transcendance, l’autre l’action objective de la personnalité.
La vie humaine est tendue entre une nostalgie de libération et
la vocation de former le monde. Ces deux pôles offrent un sujet
constant de différends entre les pensées occidentales et orientales.
Le danger oriental est un penchant pour l’illimité et pour la
dissolution dans l’unité du Tout. Celui de l’Occidental, par contre,
est une tendance à se figer en objets et à fragmenter la Vie.
Pour l’Oriental, le chemin initiatique aboutit à la dissolution
dans le Tout. Pour le Chrétien occidental, enfin libéré de la
fascination du moi égocentrique, il le rend capable de manifester
dans le monde son origine divine.
J.G :
Les mots “transcendance” et “transparence” reviennent très souvent
sur vos lèvres. Chaque fois, je les ressens très fortement au
plexus, comme des vecteurs d’énergie qui me “rechargent”. Notre
entretien, Monsieur le professeur, n’est-il pas un “exercice”,
au sens où vous entendez l’expérience qui conduit à la transformation
?
Pr. Dürckheim : Voyez-vous, vous désignez ainsi une sensation
qui vous met en contact avec votre “essence”. La transcendance
est une expérience, un lieu de vie dans votre profondeur. L’Être
aujourd’hui a sa place dans l’expérience humaine. Le temps est
venu pour l’homme de s’ouvrir à l’expérience d’une réalité, qui
jusqu’à présent appartenait au domaine de la foi. C’est par elle
que nous passons du “savoir” au “comprendre”.
La grande expérience est précédée de toute petites expériences
de l’Être qui sont comme des lumières sur le chemin. Elles nous
atteignent dans l’exercice du silence, parfois, ou d’une méditation
où nous lâchons vraiment notre moi existentiel, mais aussi dans
beaucoup de situations de la vie. Une façon nouvelle “d’Être là”
se développe, qui n’a pas son centre actif dans le monde du moi,
mais dans l’Être. Et malheureusement, pendant longtemps, ce qui
se révèle dans une prise de Conscience de l’Être, est transformé
aussitôt en quelque chose d’objectif : image... mot, etc. En voulant
s’expliquer, en voulant classer, conceptualiser, l’homme dénature
ce qu’il vient de “saisir”, et il perd ce qu’il vient de vivre.
Voyez-vous, accepter de ne pas comprendre, se tenir immobile et
silencieux sous le rayonnement de l’Être, nous place dans le mouvement
de transformation qui nous rend transparent à notre Être. Et si
nous sommes vraiment déterminés à nous engager sur la voie de
la métamorphose, tous les événements que nous rencontrons sont
des “occasions” de pratiquer l’exercice du hara et le lâcher-prise
du moi.”
L’ombre envahissait
lentement le bureau du professeur. La pluie diluvienne qui tombait
depuis la veille frappait la vitre de l’étroite fenêtre du chalet
donnant sur la forêt...
L’entretien se termine dans le silence.
- 1.
Hara : centre vital et énergétique de l’être humain
pour les Japonais et les Chinois (kikai tanden : l’océan de l’énergie),
situé à trois doigts sous le nombril. Zone où arrive le fond de
l’expiration en méditation zen.
- 2.
Aux éditions Le Courrier du Livre.
Voir aussi, du même auteur parus en poche : Pratique de
l’expérience spirituelle coll. “L’Age d’Être” chez Pocket
et L’expérience de la transcendance coll. “Spiritualités
Vivantes” chez Albin Michel. Par ailleurs, Jeanne Guesné a également
publié Le grand passage et la conscience d’être
aux éd. de L’Espace Bleu.
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