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Dépénaliser
? Sanctionner ? Légaliser ? Le fait est là : les drogues font
désormais partie de notre paysage, comme le rappellent régulièrement
les rapports ministériels, qui signalent d'ailleurs que les substances
“ légales ” sont les plus mortifères. Et les adolescents se retrouvent
au beau milieu. À l'âge où se joue l'apprentissage décisif de
la transformation du rêve en réalité, cette confrontation peut
être tragique. Propos éclairés du philosophe Yvan Amar sur la
nécessité de réinventer une transmission, des rituels de passage..
Nouvelles
Clés : Aujourd'hui, énormément de gens, jeunes et moins jeunes,
prennent des drogues, qu'elles soient “ douces ” comme l'herbe
ou le haschich, légalisées par la société comme l'alcool et les
divers tranquillisants dont la France est l'un des trois plus
gros consommateurs au monde, ou dures comme l'héroïne ou le crack.
Qu'en penser ?
Yvan Amar : En explorant les mécanismes profonds qui nous
font aller vers les drogues, peut-être nous approchons-nous de
ce qui fait que, dans certaines civilisations, leur usage était
complètement intégré à la vie traditionnelle. D'abord, il y a
le simple phénomène, je dirais de curiosité, qui en lui-même n'est
jamais innocent. Étymologiquement, “ curieux ” vient de “ chercher
en cercle ” - ça suppose donc un mouvement très particulier, que
l'on va retrouver dans beaucoup de phénomènes liés à la drogue,
à certaines ivresses mystiques ou à certaines pratiques visant
à engendrer de telles expériences.
Ce qui nous pousse vers l'expérience hallucinogène, c'est d'abord
une forme d'insatisfaction : ce que nous appelons la “ réalité
quotidienne ” ne se suffit pas à elle-même, et la façon dont nous
vivons cette réalité ne nous permet pas d'en percevoir le sens.
Or, la prise d'un psychotrope a au moins deux effets : la réalité
quotidienne va nous sembler plus satisfaisante ; et nous allons
avoir la capacité de hisser notre niveau de conscience à un degré
tel que ce qui n'était pas perçu ou compris va l'être, pendant
un court moment où notre existence va prendre sens, peut-être
pas exprimable de façon logique, mais perçu comme très convaincant,
car associé à des sensations intenses.
N.C. :
Les drogues douces donnent une sorte de confort. Certaines drogues
hallucinogènes, qui ne sont pas “ dures ” au sens de l'héroïne,
ne dispensent pas forcément une extase tranquille, ni un voyage
confortable. Entre drogues “ dures ” et drogues “ douces ”, ne
faudrait-il pas un troisième terme ?
Y.A. : Il existe, on parle de “ psychotropes ” - je n'emploie
pas le mot drogue du tout, c'est un fourre-tout. Le mot “ psychotrope
” se réfère à des plantes très puissantes, comme la mescaline,
le peyotl et autres cactus ou lianes aptes à générer des voyages
intérieurs profonds, où le psychisme se trouve bouleversé : c'est
là l'aspect initiatique. Qui dit initiatique dit épreuve, donc
confrontation à une réalité d'un autre ordre - avec la capacité,
ou non, d'intégrer ce nouvel ordre de conscience, réfléchissant
comme un miroir les arcanes et dédales du consommateur. Dans les
civilisations traditionnelles, si ce genre d'expérience était
justement mené dans le cadre d'une transmission, c’était bien
pour que cette confrontation ne tourne pas au désastre, mais devienne
un voyage initiatique d'intégration de nouvelles données de la
conscience, permettant l'acquisition d'une compréhension nouvelle.
Chez nous, le fait d'absorber une substance par compensation,
parce que la vie n'est pas satisfaisante, met en avant la “ première
drogue d'entre toute ” : le rêve. Que fait-on face à un quotidien
insatisfaisant ? Dès l'enfance, il y a deux types de comportement
: certains vont agir et transformer ce quotidien en faisant des
efforts ; d'autres vont rêver un autre quotidien, parfois pour
s'y réfugier entièrement, oubliant un réel trop dur, où ils sont
dominés, handicapés, malheureux. Jusqu'à un certain point, ce
rêve aune réalité. D'ailleurs, même ceux qui font des efforts
pour transformer le monde ont besoin du rêve - il sert d'esquisse
au projet qu'ils tentent de matérialiser. Ceux-là connaîtront
peut-être la matérialisation de leur rêve, et à coup sûr la joie
de la pratique et de l'effort. Les autres, qui n'agissent pas,
trouveront aussi une forme de gratification dans la compensation
intérieure qu'apporte un univers de rêves ; mais à un moment donné,
ce rêve-là ne sera pas assez fort ; et l'une des raisons qui va
les pousser à absorber des substances qu'on appelle drogues, c'est
qu'elles vont compenser, dans le monde des rêves, le manque de
réalité de ceux-ci.
Celui qui transforme le monde rend son rêve matériel. Il connaît
la satisfaction de pouvoir le contempler et d'être, pour cela,
reconnu par les autres. Celui qui ne fait que rêver a des rêves
sans consistance. Or, certaines substances ont la propriété de
faire passer les rêves pour plus consistants, plus intenses, plus
réels qu'ils ne sont. Ce qui fait que le rêveur insatisfait aura
naturellement tendance à augmenter ses doses.
Pour moi, telle est “ la première drogue ” : le rêve de l'homme
devant le quotidien, et le fait que l'on puisse intensifier ce
rêve-là, lui donner plus de réalité. Il est essentiel de mettre
en avant les risques catastrophiques que courent l'adolescence
et la jeunesse dans ces moments clés, véritablement initiatiques,
0ù nous cherchons à opérer la conversion du rêve en réalité.
À l'âge de la puberté, le petit humain va faire un rêve, vivre
une expérience, être totémisé, recevoir un nom, faire le rêve
de ce que sera sa vie... Là, il entre dans le monde des adultes.
C'est du moins ce qui se passait dans les civilisations traditionnelles.
Ce même adolescent, qui aujourd'hui n'est plus encadré dans un
rituel de passage et a grand mal à faire l'effort de comprendre
ce qui se passe en lui, s'il prend une substance hallucinogène,
eh bien, il va vivre quelque-chose de doublement chamanique. Cette
substance, qui a le pouvoir d'intensifier son rêve et de lui donner
une réalité intérieure pendant quelque temps, fait bien plus :
elle remet directement en cause les mécanismes de croyance au
monde. Si elle a lieu trop tôt, cette remise en cause peut complètement
démobiliser l'individu, qui ne pourra plus fournir le moindre
effort. Quiconque a pris ne serait-ce que de l'herbe a pu constater
l'espèce de cirque que l'on voit soudain autour de soi et qui
ne peut que faire rire : la façon dont les gens se comportent,
s'affairant dans des univers complètement fermés, vers des objectifs
ridicules ou futiles, bref le grand jeu de masques et de dupes,
tout cela se trouve dévoilé et l'individu, gravement démotivé,
risque de ne plus pouvoir fournir le moindre effort, rejetant
en bloc le système dans lequel il est censé fonctionner. Or, cela
se passe à l'âge où, justement, l'adolescent doit se structurer
dans l'effort qui, seul, va pouvoir concrétiser le projet qu'il
porte en lui. On comprend que cela soit catastrophique.
De plus, ces expériences psychotropiques peuvent être très intenses
et créer un fossé infranchissable entre ce qu'il voit et sa capacité
de l'intégrer à sa propre (r)évolution. Cet enfant-là risque non
seulement d'être perdu pour la société, ce qui est déjà un mal,
quoi qu'on pense de la société, mais surtout d'être perdu pour
l'accomplissement de son propre destin. Parce qu'il risque fort
de ressentir constamment le besoin de reprendre de cette substance
pour continuer à vivre. Face à cela, il paraît complètement ridicule
de parler de pénaliser ou de légaliser. Il faut un point de vue
complètement différent, qui n’a rien à voir avec la police ou
la justice, mais qui concerne la psychologie, la philosophie,
la religion, la structuration culturelle d'une société.
Parmi les gens qui fument, je n'ai jamais connu de bandits ! Associer
les gens qui absorbent de telles substances à des hors-la-loi
est ridicule. Par contre, ce qui me semble très important, c'est
d'envisager la façon d'intégrer ces substances-là dans notre société,
sur un plan non pas légal et policier, mais culturel, notamment
par le biais d’une transmission. On peut aller chercher dans d'autres
traditions que les nôtres la façon dont était vécue la relation
à ces substances : elles étaient toujours rattachées à des valeurs
sacrées, initiatiques, de transmission, avec des codes de conduite
généralement très éveillants.
Dans les années soixante, quand on en parlait, on se référait
toujours à ceux qui le vivaient d'une façon sacralisée, rituelle,
les Yaquis, les Tarahumaras, etc.
On se référait aussi à certains artistes ; bien avant Daumal,
Michaux, Huxley ou Duits, on sait bien que Baudelaire, Verlaine,
Gauthier, Rimbaud et tant d'autres absorbaient des psychotropes
pour trouver leur inspiration. Nous tentions de justifier notre
comportement ainsi. Aujourd'hui, si l'on veut véritablement régler
les comportements liés à l'absorption de ces substances, le mieux
serait de ré-instituer au sein de notre société, sans aller jusqu'à
une nouvelle religion ou un culte - comme cela se passe par exemple
au Brésil -, des structures culturelles reconnaissant profondément
les mécanismes sur lesquels ces absorptions ont toujours fonctionné.
À un niveau un peu équivalent, un homme qui a fortement marqué
son temps, notre génération et la génération actuelle, Bob Marley,
qui est vraiment un chantre du chanvre, eh bien, lorsqu'il parlait
de l'herbe, il le faisait en se référant plus à la philosophie
et à la religion rasta, avec toute une symbolique, toute une vision
qui obligeait à une certaine éthique. Les valeurs que cet homme-là
mettait en avant étaient des valeurs de réflexion, des valeurs
de très grande qualité. Peut-être ne connaît-on de Bob Marley
que le chanteur, mais si on va un peu plus loin, on découvre un
homme de réflexion. Et je dis que si aujourd'hui nous voulons
protéger notre jeunesse, ce n’est ni la justice ni la police qui
vont le faire, mais un encadrement intelligent, culturellement,
psychologiquement, métaphysiquement, spirituellement intelligent.
Cela seul saura intégrer l'herbe et les substances du même ordre
à une vie quotidienne devenue exigeante.
C'est-à-dire qu'il faudrait parvenir à recréer autour de l'herbe
et des psychotropes les mêmes exigences qu'il y a dans les rituels
sacrés. On supprimerait ainsi tout le côté stressant et les comportements
hors-la-loi qui découlent de l'interdit. L'ensemble du processus
pourrait être mieux surveillé et l'on pourrait y amener petit
à petit l'exigence d'une discipline qui serait beaucoup plus payante,
en fait, que l'interdit lui-même.
Du moins est-ce là mon sentiment. Parvenir à intégrer dans le
quotidien, dont on ne peut, de toutes façons, plus l'extraire
aujourd'hui, un élément qui, s'il est parfaitement encadré, amène
à une discipline en soi très structurante, ferait vraisemblablement
que la relation à l'herbe deviendrait éducative. Elle obligerait
à une réelle qualité de conscience.
N. C. :
En fait, on aurait besoin d'une sorte de penseur de l'herbe, comme
il y a eu Timothy Leary pour le LSD ou Castaneda pour l’herbe
?
Y. A. : Oui, des philosophes de l'herbe et des substances
avoisinantes. Des philosophes de l'être, qui sachent conduire
la jeunesse sur des chemins que l'on ne peut pas pratiquer simplement
en sauvage. Du temps des petites réunions sympathiques autour
d'un “ pétard ”, d'un “ joint ”, on pouvait peut-être s'en passer,
mais quand cela devient aussi systématique qu'aujourd'hui, autant
le structurer plutôt que tout perdre dans la révolte ou la fuite.
Et les seuls qui peuvent structurer sont ceux qui véhiculent une
certaine connaissance pratique des sociétés traditionnelles, où
l'on parle des “ plantes des dieux ”.
N. C.
: Toutes sortes de livres sont sortis sur ces sujets, dans
les années soixante-dix. Cette littérature de référence se fait
plus rare, ce qui est surprenant, vu l'ampleur du phénomène.
Y. A. : On peut constater un manque flagrant de guides
culturels s'intéressant à ce courant et susceptibles de forger
de nouvelles sortes de rituels de passage. Il faut insister sur
le fait que l'absorption de certains produits change notre niveau
de conscience. Qui dit changer de niveau de conscience dit changer
de mode de connaissance. Or, cela caractérise la pratique de n’importe
quelle discipline d'Orient ou d'Occident. Que ce soit par des
échauffements internes, des pratiques de respiration, des mantras,
des postures gymniques ou yogiques, il y a toujours une façon
de provoquer une hyper-oxygénation qui va amener des modifications
psychomatiques intenses. Même après la pratique d'un sport, on
appréhende différemment l'univers et soi-même, avec un sentiment
naturel de bien-être. Les substances psychédéliques créent aussi
une appréhension différente, mais de manière plus violente. Le
problème de la confrontation avec des perceptions de cet ordre-là
est de n'y être pas préparé. Le plus grave problème des psychotropes
est ce qu'on appelle “ le flip ”, c'est-à-dire être confronté
à un événement psychique violent qu’on ne peut pas intégrer.
N.C. :
Cela se passe rarement avec des drogues douces. . .
Y. A. : . . . et plus souvent en effet avec des substances
plus fortes, qu'elles soient naturelles ou de synthèse.Le psilocybe,
la mescaline, le LSD, etc., sont des substances puissantes qui
provoquent en nous l'accès à un niveau de conscience et à un mode
de connaissance qui vont nous confronter à des expériences que
l'on n'est pas toujours à même d'intégrer. Et c'est ça qui fait
le “ flip ”, véritable disjonctage psychique. Là encore, la valeur
d'un encadrement à valeur initiatique est de nous aider à passer
l'épreuve. Car ce genre d'expérience sera toujours une épreuve.
Le dragon que l'on va rencontrer, le gardien du seuil, puisqu'il
y a seuil, passage psychique dans une autre réalité, vont nous
permettre d'accéder à un monde de conscience différent, sinon
supérieur, qu'il nous faut intégrer.
La substance qui va nous conduire au dragon en question éveille
en nous un univers, déclenche un mécanisme dans nos profondeurs.
Mais à aucun moment, la drogue, en soi, ne peut nous permettre
d'intégrer l'expérience vécue. Elle nous amène au seuil de l'expérience.
Ensuite, on est livré, seul, au bouleversement de l'expérience.
Sans accompagnement, qui va nous enseigner comment intégrer cela
? Personne. On est livré à la substance complètement nu. Qu'est-ce
qui faisait la valeur d'un encadrement traditionnel dans un rituel
de passage ? C'est que la personne, disons le chaman qui accompagnait,
savait très bien à quoi il exposait le néophyte que l'on initiait.
Il y a à retrouver là tout le sens d'un rituel. Dans les sociétés
dites primitives, lorsqu'on apprête quelqu'un à vivre une expérience
psychotropique, on le prépare surtout à intégrer cette expérience
de façon à ce qu'à aucun moment, en lui, il n’y ait de décalage
entre ce qu'il est et l'expérience qu'il vit et avec laquelle
il se confond.
Le problème, dans l'homme, c'est toujours le décalage entre ce
qu'il sait et ce qu'il est. Rappelons combien nos grands inconforts
viennent de la différence entre ce que l'on est et ce que l'on
n'est pas. Et là, on rencontre un grand paradoxe, qui montre que
l'on se retrouve toujours rattrapé par ses illusions : celui dont
nous parlions au début, qui croyait pouvoir se dispenser de l'effort
nécessaire à la transformation de son rêve en réalité, se trouve
soudain confronté, à l'intérieur de lui-même, à la nécessité d'un
travail immédiat pour pouvoir intégrer l'expérience qui lui manque
au cours de son voyage intérieur.
Autrement dit, la vie ne nous dispense jamais de l'effort approprié
et nécessaire pour intégrer nos expériences à notre vécu quotidien.
Aucune substance ne pourra nous éviter cet effort d'intégration
à faire et dont notre vie a besoin. Certains vont opérer cette
intégration par l'action, en se libérant de l'attente qu'ils ont
des fruits de l'action, ce qui va les amener à entrer dans un
processus beaucoup plus vaste de conscience. Et puis il y a ceux
qui vont prendre la voie de la substance, en désirant qu'elle
soit lucidogène et non plus hallucinogène : ceux-là seront confrontés
à la même nécessité de travail intérieur qui va les obliger à
abolir peu à peu l'espace qu'il y a entre l'élévation de cette
expérience induite et leur niveau de conscience ordinaire.
Cela n'est possible que par un travail d'intégration obéissant
à une discipline très exigeante, qui va obligatoirement impliquer
une hygiène de vie draconienne : le quotidien de personnes qui,
tels les chamans des sociétés traditionnelles, font un itinéraire
qui se sert de substances lucidogènes est beaucoup plus strict
que le comportement des autres personnes ! Un medicine-man doit
mener une existence très rigoureuse. Dans certaines tribus, il
est même redevable de comptes justifiant son comportement face
à la tribu. Et celle-ci peut s'en défaire si elle considère qu'il
ne se comporte pas bien.
L'absorption des substances traditionnelles telles que le peyotl
ou l'ayahuasca implique de la part des tribus qui en usent un
sentiment de responsabilité très fort: par modification chimique
de la conscience, on rencontre des niveaux d'énergie dont la fréquentation
peut mettre en danger l'existence de l'individu comme celle de
la tribu tout entière !
D'un point de vue initiatique, il n’y pas de croissance sans crise.
Celle-ci marque toujours un moment clé. Face à une crise, il y
a deux façons de se comporter : affronter ou être victime.
Si l'on n'a pas appris à gérer la crise, on se fait dépasser par
elle. Nous générons, par notre comportement, les crises dont nous
avons besoin pour grandir. Soit nous les dépassons, en nous en
servant comme possibilité de grandir ; soit nous les subissons
en nous faisant aider par des substances diverses et en ajournant
continuellement la nécessité de passer à travers elles. En cela,
le calmant s'avère souvent la seule façon de compenser notre incapacité
d'agir de façon adulte et responsable face à la crise et à notre
croissance.
Notre inconscient se trouve déployé autour de nous : il génère
constamment son environnement et nous créons continuellement des
situations, des événements, des rencontres, donc un univers de
relations, qui sont autant d'occasions pour nous de résoudre les
problèmes que nous suscitons et que nous devons résoudre si nous
voulons apprendre et grandir.
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