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Joyeuses fêtes
Par Gilles Farcet

Au-delà de ces marques d'affection, certes précieuses, que constituent les traditionnels "cadeaux, au-delà des voeux qui s'échangeront, plus ou moins mécaniquement, d'un bout à l'autre de la planète dans la nuit du 31 décembre, que puis-je réellement me souhaiter, que puis-je vouloir, pour moi-même, pour les miens, pour ceux qui, dans l'éternel présent de la lecture, posent maintenant les yeux sur ces lignes ?

"Tu aimeras ton prochain comme toi-même", a dit quelqu'un... Voici donc mes voeux, ceux que je m'adresse et qui vous sont également destinés, tant il est vrai que la communion des saints est aussi celle des hommes de bonne volonté.
Pour l'essentiel, je me souhaite une vraie fête, une fête de famille. Par là, j'entends le sentiment de communier, de coeur à coeur, d'être à être, avec d'autres personnes humaines... Fut un temps où chacun y allait de son couplet quant à la nécessité de retrouver "le sens de la fête".
Or, nous n'accêderons point à ce sens perdu par une surenchêre de théories et de paroles. Revenons à l'évidence. il n'est point de fête hors l'amour. La féte n'est pas fonction du nombre de convives ni de l'abondante des biens êchangés ; elle n'existe, dans le sentiment, que par la qualité d'amour circulant de l'un à l'autre. Et cette qualité d'amour est elle-même fonction de ce qui nous relie, par-delà les discutables liens du sang ou les transitoires convergences d'intêrêt. Le seul fait de s'assembler pour faire ripaille ne saurait suffire à fonder une fête authentique. Il y faut ce fluide inquantifiable et si palpable, cette subtile énergie dont l'absence nous laisse creux, hors laquelle les sourires ne sont que des grimaces et les rires des hoquets résonnant dans le vide.
"Si je n'ai pas d'amour..." s'écriait Paul de Tarse, plus connu sous son pseudonyme de Saint Paul.. Cette exclamation rachête à mes yeux tout ce que le sieur Paul a pu, par ailleurs, énoncer de suspect. La fête digne de ce nom est celle où la communication, si pratiquée de nos jours et avec si peu de fruits, bascule dans la communion. Nul besoin, alors, de sentencieusement se le dire, de multiplier voeux, effusions et toasts. on le sait, on le sent, de par la légêreté qui nous envahit cependant que notre âme se déleste du poids de l'année écoulée.
Car l'objet de la fête n'est autre que de dissoudre les tensions accumulées au fil des épreuves et des heurts quotidiens. Le partage, en ce jour, opêre le pardon, et nous réintroduit dans l'essentiel de la relation, à savoir ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare.
Cette réunification extérieure est source de remembrement intérieur. Laissant là spontanément, par la grâce de la fête, notre vieille carcasse de griefs et de minuscules rancoeurs pour nous ouvrir au prochain, nous faisons peau neuve, renaissons à nous-mémes pour racheter nos propres fautes.
Noël s'est accompli, l'année peut recommencer.
Voilà donc ce que je me souhaite et vous souhaite. une fête, au sens plein du terme.
Ne laissons pas le maître errer en quête de convives, rendons-nous au banquet, répondons à l'invitation qui nous est faite de renaître.
Demain ? Nul ne sait ce qu'il adviendra de nous.
Mais le temps de la réconciliation est celui de l'éternité.


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