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Répondant
à une énorme interrogation, les "Rencontres de Fès",
réunies à la veille de chaque été depuis quatre ans, à l’initiative
du maître soufi Faouzi Skali - en symbiose avec le Festival des
musiques sacrées de la première ville royale marocaine, dont il
est également le créateur - fournissent l’occasion d’échanges
très forts, en matières spirituelle, politique ou économique.
Échanges parfois rudes, mais toujours édifiants, d’où la spécificité
marocaine jaillit parfois comme un bijou de pensée ternaire, la
seule qui puisse nous sortir du chaos.
Tout est parti du désir de quelques amis, venus de diverses régions
du monde et rassemblés autour de Faouzi Skali, de créer un festival
de musiques sacrées à Fès, sans doute la plus belle, bien que
la moins bien connue des capitales impériales du Maroc. Ce fut
au début, un événement quasiment privé, dont le souvenir de l’intimité
et de la convialité, laisse encore échapper un soupir de ravissement,
douze ans plus tard, aux quelques dizaines de personnes qui eurent
la chance d’en être.
Mais le monde a tellement soif de ce genre d’événement que l’entreprise
eut tôt fait d’échapper au petit cercle initial, pour devenir
un événement international, auquel participent désormais les plus
grands noms de la musique religieuse et sacrée de la planète.
Alors, le petit groupe d’amis rassemblés autour de Faouzi Skali
eut une seconde idée, tout aussi détonnante que la première, même
si elle s’attaquait à une matière nettement plus rude : non plus
les chants, les rythmes et la musique, mais - parallèlement à
ces derniers - un grand débat intellectuel, au meilleur sens du
terme, avec un seul objectif, clair et immense : contribuer à
donner du sens au grand débat sur la mondialisation. Ainsi furent
invités des scientifiques, des hommes politiques, des économistes,
des entrepreneurs, des artistes, venus eux aussi du monde entier,
pour débattre de cette gigantesque et très paradoxale question
: comment faire pour que le brassage planétaire des peuples, des
idées et des marchandises se solde, non par un enfer de plus en
plus insupportable pour une masse grandissante de Terriens, mais
par un mieux-être croissant - matériel, relationnel, spirituel
?
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