|
La Théorie
des Jeux, chère aux accoucheurs de créativité, dit que l’avenir
est au “win-win”, c’est-à-dire aux stratégies où “tout le monde
gagne” - la nature constituant le meilleur exemple, puisque, contrairement
à l’image d’une lutte à mort entre les êtres, la plus profonde
des jungles est en réalité le théâtre de bien plus de symbiose
que de compétition. Mais dans la “vraie vie” humaine, est-ce réaliste
? Sylvain Michelet s’est penché sur le monde du business et de
l’entreprise, et il a trouvé un certain nombre d’endroits où l’on
essaye de créer des modes de fonctionnement nouveaux…
Imaginons
que vous décidiez de prendre un peu de recul, pour considérer
le plus calmement possible la myriade de problèmes qui assaillent
notre pauvre humanité - l’injustice, la pollution, l’intolérance,
la concupiscence, l’ignorance ou encore l’incommunicabilité générale
entre conjoints, entre générations, entre gouvernants et gouvernés,
entre patrons et employés, ou simplement entre collaborateurs
et amis - et que vous tentiez d’imaginer un début de solution
à l’une ou l’autre de ces calamités, il est une objection courante
qui risque fort de vous refroidir net : “Mais tu rêves, pauvre
naïf ! Ne sais-tu pas que la réalité est une jungle et que la
loi de la jungle est impitoyable ?” Que rétorquer à ça ?
La contre-réponse que nous vous suggérons est d’abord fondée sur
une constatation scientifique simple : la vraie “loi de la jungle”
n’est pas celle que l’on nous a appris.
Et absolument pas celle que s’imaginaient les nazis. La réalité
du monde naturel ne fonctionne pas sur le mode du “plus fort qui
écrase le plus faible.” C’est là une projection humaine. Si les
animaux les plus forts écrasaient simplement les plus faibles,
il y a longtemps qu’il n’existerait plus personne. L’étude de
la véritable jungle - notamment de celle des bactéries, qui ont
régné, seules, sur cette planète pendant plus de deux milliards
d’années - prouve que la vie depuis son apparition sur terre,
a fonctionné infiniment plus souvent sur le mode de la coopération
que sur celui de la domination - sinon, tout serait fini depuis
longtemps.
Si la biosphère terrestre est aujourd’hui en danger de mort -
du moins au niveau de raffinement et de diversité nécessaires
à notre existence -, c’est parce que l’ensemble des techniques
humaines (la technosphère), surtout depuis la révolution industrielle,
n’a encore jamais su intégrer la logique du vivant. Cette logique,
qu’il faut urgemment intégrer aux activités humaines, est notamment
fondée sur un ensemble très dense de symbiose et d’échange, d’interactivité
coopérante et mutualiste, qui entre en contradiction frontale
avec les principes supposés pragmatiques qui nous font accepter,
notamment sur la scène économique et dans le monde de l’entreprise,
que la “dure réalité des choses” serait une logique d’acier. Seulement
voilà : les réalistes ne sont pas ceux que l’on croit.
La
théorie des jeux
D’une certaine façon, la compréhension moderne de ce phénomène
étonnant - “la jungle est un tissu de coopération” - a commencé
à l’Université du Michigan où, dans les années 60-70, un professeur
de philosophie politique nommé Robert Axelrod a donné à la Théorie
des jeux ses lettres de noblesse. Fondée sur l’étude de tous les
jeux de société possibles et imaginables, du simple morpion au
Monopoly en passant par le poker ou le bridge, cette théorie a
consisté d’abord à tout ramener à quelques principes simples,
à partir desquels on a pu définir les archétypes de joueurs :
l’agressif, qui attaque systématiquement ; le rusé, qui se rend
imprévisible ; le machiavélique, qui prévoit les attentes de l’autre
et les manipule ; le chaotique, tellement imprévisible qu’il ne
sait pas lui-même ce qu’il va faire le coup d’après ; l’esclave,
qui cherche à perdre au profit d’un plus fort que lui ; etc. Contre
toute attente, après des milliers de parties, jouées par des centaines
d’étudiants - de plus en plus informatisées au fil des années
-, il s’est avèré de manière indubitable qu’un seul type de joueur
l’emportait systématiquement à long terme (ce dernier terme est
essentiel : “à long terme”) : celui qu’Axelrod allait appeler
le “win-win”, en français le “gagnant-gagnant”.
Pourtant, la règle des différents jeux testés respecte un principe
épouvantablement réaliste, que l’on serait en droit d’intituler
“le crime peut rapporter gros” et qui aboutit à une impasse connue
sous le nom de “dilemme du prisonnier”. Vous connaissez sans doute…
Voilà : vous êtes un truand et vous venez de vous faire coincer
avec votre complice. Pendant l’instruction, policiers et magistrats
vous proposent, à l’un et à l’autre, séparément, le marché suivant
: si vous dénoncez l’autre et qu’il en fait autant, vous gagnerez
tous les deux une remise de peine d’un an ; si vous le dénoncez
et que lui ne vous dénonce pas, votre remise de peine sera de
cinq ans, et lui n’en aura aucune ; enfin, si aucun ne dénonce
l’autre, la remise sera de trois ans pour chacun. À l’évidence,
la coopération dans le silence paierait (si personne ne parle,
chacun gagne trois ans). Mais si vous vous taisez et que lui vous
dénonce ? (en ce cas, vous n’aurez rien, et lui gagnera cinq ans…)
C’est trop risqué. Vous optez donc pour la dénonciation réciproque
(chacun gagnera un an). Si seulement vous aviez pu communiquer
!
Ce dilemme met en évidence deux conditions de la coopération :
la communication et la réciprocité du gain. Un autre exemple type
cité par Robert Axelrod est celui de l’orange. Il n’en reste qu’une
pour deux. Allez-vous vous battre, céder ou partager ? Poser le
problème ainsi le ramène à un rapport de force. Le pouvoir de
l’un sur l’autre déterminera qui aura l’orange.
En cas d’égalité, il y aura partage… ce qui ne représentera pas
automatiquement la décision optimale : imaginons (c’est une limite)
que l’un commence à presser sa moitié d’orange, tandis que l’autre
gratte le zeste de la sienne pour en faire un gâteau, vous vous
rendrez compte alors qu’un a priori coopératif vous aurait permis
de vous en sortir à meilleur compte. Conclusion : le meilleur
moyen pour sortir d’un conflit par une stratégie “gagnant-gagnant”
est de revenir aux besoins de chacun avant de chercher des solutions.
Les
principes de base du "Win-Win"
Dernier exemple, le jeu que le Pr Axelrod avait baptisé Tit for
Tat et qui montrait, lors des tournois informatiques organisés
par l’Université du Michigan, la supériorité de la coopération
sur toutes les autres stratégies d’interaction, y compris les
plus malveillantes…
Le principe du jeu découle du “dilemme du prisonnier” : les programmes
en compétition gagnent de nombreux points s’ils coopèrent ; moins
de points si chacun fait cavalier seul ; mais la tentation de
gruger l’autre reste entière, car si l’un fait cavalier seul alors
que l’autre coopère, le premier y gagne encore plus. C’est donc
évidemment le scénario rusé qui va l’emporter, pense-t-on au premier
abord. Eh bien, il n’en est rien. Dès que l’on fait durer la partie
sur une période longue, c’est le “gagnant-gagnant” (win-win) qui
emporte tous les tournois. Il lui suffit pour cela de suivre quelques
règles :
1°) Être
bienveillant au départ : le “win-win” commence toujours par la
coopération.
C’est systématique.
2°) Être réciproque : dès que l’autre cesse de coopérer, le “win-win”
en fait autant, lui rendant œil pour œil, dent pour dent.
3°) Être indulgent : le “win-win” pardonne tout de suite et revient
à la coopération dès le coup suivant.
4°) Ne pas vouloir être trop malin : le “win-win” a un comportement
clair et donc prévisible.
À court terme, il peut se faire rouler. Mais il joue sur le long
terme et emporte systématiquement le morceau (comme la vie l’a
emporté sur terre !). “Joss”, le seul programme à voir souvent
emporté des manches contre le “win-win”, jouait comme lui la coopération
mais tentait de temps en temps, de façon aléatoire, un petit coup
de Jarnac, qui lui rapportait beaucoup de points. Et pourtant,
il finissait systématiquement par se faire écraser par des programmes
purement agressifs.
Bref, le “win-win”
emportait systématiquement la coupe des tournois Tit for Tat.
Mais comment est-ce possible, se demande-t-on, puisque le jeu
comportait des possibilités machiavéliques ? L’une des raisons
du succès du “win-win” tient au fait qu’il empoche beaucoup de
points à chaque fois qu’il rencontre une stratégie bienveillante,
tandis que les malveillantes en perdent encore plus quand elles
rencontrent leur réciproque.
Il y a cependant deux impératifs de taille pour que le “gagnant-gagnant”
l’emporte :
1°) Le nombre
des échanges doit rester inconnu - sinon, par déduction à partir
du dernier coup, la logique du dilemme du prisonnier l’emporte
et ainsi de suite en remontant la chaîne.
2°) Tout le jeu suppose que les adversaires soient à égalité...
Si nous tentons maintenant d’observer la vie réelle, notamment
économique, au travers de la grille “win-win”, que se
passe-t-il ?
Une
mutation économique ?
Certains observateurs bien placés le pensent : bien qu’emportée
par son fol élan, la logique prédatrice du système libéral serait
elle-même en train de trouver ses limites. Alors que l’on pouvait
croire les entreprises vouées à ne se développer que dans la métaphore
militaire (“conquérir un marché”, “écraser un concurrent”, “reprendre
en main ses troupes”…), voilà en tout cas que s’y développent
- en marge, certes, mais dans des secteurs souvent d’avant-garde
- de nouvelles stratégies faisant appel à la coopération plutôt
qu’à la compétition : partenariat, comportement éthique, développement
durable. Les séminaires de mobilisation en entreprise avaient
souvent pour but de “ décadrer pour recadrer ” - marcher sur les
braises ou sauter à l’élastique -, voilà qu’on y introduit le
coaching humaniste des dirigeants et le développement personnel.
Une révolution serait-elle en cours ?
C’est une idée autour de laquelle, au fil des ans, mine de rien,
Nouvelles Clés a souvent tourné. Par exemple en évoquant Paul
Diel, et ses concepts de “Désir essentiel” et d’“égoïsme conséquent”
qui fondent sa “psychologie de la motivation”. Ou bien les “Créatifs
Culturels” et leur nouvel humanisme. Ou encore le principe de
réciprocité qui préside aux étonnants séminaires rédempteurs de
la prison de Capetown, en Afrique du Sud. Sans oublier bien sûr
le Jeu du Tao ! Quel lien entre tout cela ? Sans doute l’idée
toute simple que l’homme n’est pas qu’un loup pour l’homme et
que, de plus en plus, il aimerait le montrer.
Il serait temps ! De la biologie (1)
à la sociologie (2),
en passant par l’étude des primates (3),
le principe de la lutte pour la survie comme unique moteur du
fonctionnement des systèmes a été sérieusement battu en brèche
ces dernières années. L’osmose, la bienveillance et le don comptent
tout autant.
“L’être humain, affirme Alain Gauthier, promoteur en France du
fameux coach américain Peter Seyje (auteur du manuel de coaching
d’entreprise Les Cinq Stratégies), lorsqu’il apprend
à dialoguer, à se questionner, à faire attention à ce qui l’entoure,
montre qu’il a en lui tous les mécanismes de coopération, qu’il
est fondamentalement fait pour coopérer. Il suffit qu’il trouve
une forme de dialogue qui l’enrichit plus que le simple fait de
gagner.”
Une telle forme de dialogue peut évidemment se targuer d’antiques
précédents, Socrate, Dogen ou Jésus...
“Son application moderne - dans un contexte de montée de l’individualisme
- doit beaucoup à la psychologie de la relation de Carl Rogers,
rappelle la psychologue-consultante Huguette Guermonprez (qui
collabore régulièrement à Nouvelles Clés). Elle a aussi été inspirée
par l’Analyse transactionnelle d’Eric Berne et par toutes ces
recherches qui, depuis des décennies, étudient les processus de
la communication, expérimentant et théorisant le dialogue et la
résolution des conflits. Comment sort-on de la lutte de pouvoir
? Comment concilie-t-on des intérêts divergents ? La coopération
ne présuppose en aucun cas un niveau élevé moral ou spirituel
des acteurs, mais elle exige un mode de communication qui n’est
pas loin d’y conduire. Elle demande de sortir de la logique du
gain immédiat, et de combattre les tentations qui poussent à prendre
tout problème sous l’angle du conflit et toute négociation sous
celui du pouvoir.”
Au petit jeu de "je gagne - tu perds” qui imprègne la pensée
économique actuelle, la coopération propose donc de substituer
une approche gagnant-gagnant.“
"Oui mais attention, tempère Christian Darvogne, directeur
général de Insep-consulting, le “win-win”, l’entreprise peut l’accepter,
mais dans le cadre de ses finalités, qui sont de se développer
et d’être profitable. Cependant, il est vrai que la situation
a beaucoup changé. Si on représentait jadis l’entreprise comme
un bastion - usine, grands murs, cheminée, très peu de fenêtres
-, aujourd’hui on la voit plutôt comme un archipel, avec des éléments
de différence (les bras de mer entre les îles) et beaucoup de
communication. La logique de coopération est très bien reçue dans
ce contexte où il faut agir en association. Dans le jargon, on
parle de “chaîne de valeurs”, de la manière de créer de la valeur
en associant des entreprises ou des personnes à statuts différents
dans une finalité. Si vous maltraitez un sous-traitant, par exemple,
vous le privez des moyens de se développer et risquez d’y perdre
s’il devient moins créatif ou meurt de faim.”
L’exemple des partenariats mis en place sur la ligne de TGV Est
montre qu’un intérêt financier bien compris peut mener loin dans
cette direction. Mais le besoin de coopération se fait sentir
aussi - parfois surtout - au sein même des entreprises. Édouard
de Broglie, de la société Young et Rubicam, autre consultant travaillant
avec de grandes entreprises, le relie à un environnement global
: “Les gens se sentent soumis à des intérêts qui ne sont plus
les leurs, qu’ils ne peuvent même plus identifier, embarqués dans
une mondialisation dont ils ne comprennent pas le sens. L’enthousiasme
n’est plus là. Les entreprises se rendent bien compte que leurs
enployés - qui veulent travailler moins, aller vers les 35 heures,
etc. - s’investissent dans le même temps, et massivement, à l’extérieur,
dans des activités où toute leur créativité s’en va. Les entrepreneurs
sont donc à la recherche d’outils qui permettraient de redonner
du sens au travail. Cette demande est encore mal formulée, il
n’est pas évident de parler de “développement personnel” au sein
d’une entreprise ! On pourrait dire que nous sommes dans une phase
d’évangélisation. Dans le management, la tentation existe toujours
de fonctionner à l’ordre, à la directive. Pour l’instant, les
entreprises abordent ces logiques de coopération quand elles ne
trouvent pas d’autre solution.”
Les
fraternisations tacites 14-18
La nécessité ! Voilà qui devrait rassurer les cyniques - la démarche
gagnant-gagnant ne repose pas sur de belles intentions, ni surtout
sur des présupposés altruistes. Ils auraient pourtant tort d’oublier
sur quoi pousse la fleur de lotus, ou que, comme l’écrivait Hölderling
: “Là où croît le péril, croît le salut”. Il suffit, pour en être
convaincu, de se pencher sérieusement sur les travaux de Robert
Axelrod, auxquels on revient immanquablement. On y découvre en
effet à quel point, au sens littéral, le “win-win” peut s’avérer
une stratégie de survie. L’exemple, qui occupe un chapitre entier
de son livre le plus fameux (4),
s’intitule en effet : “Vivre et laisser vivre dans la guerre des
tranchées”.
Plus encore qu’aux mutineries et aux fraternisations, les états
majors ont été confrontés pendant la première guerre mondiale
à la pratique par les soldats de stratagèmes visant tout simplement
à éviter les agressions. Trèves tacites entre petites unités se
faisant face depuis longtemps, trève de Noël, trèves pour les
fêtes, trèves par entente directe criée de ligne à ligne, toutes
férocement combattues par les officiers des deux camps. Les simulacres
d’agression, destinés à tromper les officiers mais non l’ennemi,
occupaient jusqu’à l’artillerie : on tirait à l’aube quelques
obus en plein champ et si l’ennemi faisait de même, on savait
que la journée serait tranquille.
La guerre économique atteignant des extrêmes, en serait-on aujourd’hui
arrivé au même point que les poilus de 14-18 ? Le sociologue Edgar
Morin ne dit pas autre chose pour justifier ce qu’il appelle un
“ évangile de la perdition ” : “C’est le contraire de l’évangile
qui nous dit que nous serons sauvés si nous sommes “gentils” avec
les autres. Non, nous devons être “gentils” parce que nous sommes
“perdus” !” (5)
Une
façon de manipuler le personnel ?
Il ne faudrait pourtant pas se montrer naïf. Concrètement, dans
l’entreprise, la démarche coopérative s’appuie sur des techniques
qui constituent de véritables outils de communication et de motivation.
En tant qu’outils, ces techniques sont neutres. Selon Edouard
de Broglie, “elles offrent l’avantage de mettre les gens au même
niveau et de faire ressortir que tous sont riches”. Cependant,
en poussant les salariés à parler d’eux-mêmes, elles peuvent provoquer
des explosions émotionnelles, ou encore servir à la surveillance
et à la manipulation. Voire à la sélection : “Aider les employés
à réfléchir à leur vie, à leur manière de fonctionner, cela provoque
des remises en question, reconnaît Christian Darvogne. Les entreprises
qui font travailler leurs employés sur leur projet personnel connaissent
un taux de départ supérieur à la normale la première année. À
moyen terme, pourtant, c’est rentable, parce qu’elles restent
avec des employés finalement plus en accord avec l’entreprise
qu’ils ne l’étaient auparavant, ayant été mis en face d’un choix.”
Didier Atlani, ancien chef d’entreprise devenu conseiller en stratégie
commerciale, replace cette évolution individuelle intérieure dans
un schéma plus large : “Les entreprises évolueront parallèlement
au champ de conscience global. De plus en plus de gens vont vers
des mini-structures indépendantes et libres. Ils s’assemblent
sur un projet puis se séparent, comme un système mouvant proche
de l’organique. Rien ne nous condamne à de grandes structures.”
À ses yeux, “tout étant signifiant”, la difficulté à trouver des
outils efficaces pour promouvoir la coopération indique “ qu’il
faut peut-être que cela reste à un niveau individuel. Les décisions
doivent être personnelles, renvoyer la personne à elle-même, ouvrir
sa conscience. C’est à elle de donner sa réponse, de comprendre
qu’elle ne peut pas changer les autres, qu’elle ne peut que se
changer elle-même.”
Ni outil aux mains du système ni cheval de Troie planté au cœur
de la logique capitaliste, l’approche coopérative, accélérateur
de la prise de conscience, serait-elle un moyen de salut individuel
autant que collectif ?
1.-
Lynn
Margulis : L’Univers bactériel, éd. Albin Michel.
2.- Jacques Godbout
: L’esprit du don, éd. La Découverte, 1992.
3.- Bonobos,
le bonheur d'être, Frans de Waal, éd. Fayard.
4.- Robert Axelrod
: Comment réussir dans un monde d’égoïstes, éd.
Odile Jacob.
5.- Transversales Science/Culture,
décembre 2001.
|