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XXIème siècle : les visions de 34 écrivains et philosophes
Journaliste, il a troqué les affres de la presse économique contre les joies de la psychologie depuis qu'il a repris la revue du même nom : son efficacité légendaire y trouve à s'exprimer !
Il est bon de lire ses ouvrages, dont Le Nouvel Art du temps
(éd. Albin Michel).

« L'enseignement et les connaissances ne suffisent pas à civiliser s'ils ne sont pas complétés par une éthique quotidienne, au niveau des cellules familiales et sociales. »

Ma "sphère" est celle de l'information, dont, volontairement ou non, nous sommes nourris chaque jour. Sauf si nous choisissons une vie contemplative, nous ne pouvons nous passer de ce lien avec un monde aux transformations aussi imprévues que rapides.

Ma vision positive : À mes yeux, le péril constant pour l'humanité est la menace du couple infernal bêtise-ignorance, duquel naissent tous les fanatismes et toutes les sauvageries.
L'éducation, bon an, mal an, progresse sauf dans les théocraties. Elle sera, de plus en plus, couplée avec un accès de plus en plus général et abordable à l'information (télévisions, Internet, téléphones "mondiaux"). Les deux, ensemble, devraient avoir, au début du nouveau siècle, un effet "civilisateur" sur les rapports individuels et collectifs. C'est déjà le cas dans les pays industriels. On peut faire l'hypothèse, par exemple, que l'effondrement du communisme européen a résulté, en grande partie, de sa dévalorisation aux yeux de tous du fait de la révélation de ses crimes et de ses dysfonctionnements. La prochaine et longue étape se joue dans les pays en développement. Une course entre l'accroissement trop rapide des populations et la prise de conscience que l'accès du plus grand nombre au bien-être ne s'enracinera que par la démocratie. Ma vision positive est que l'éducation, l'information et la démocratie l'emporteront.


La Grande Voie est généreuse.
Aussi n'est-elle ni difficile ni facile.

Ma vision négative :
Le fractionnement de l'information par la multiplication des sources (télévisions, Internet, etc.) ainsi que l'affaiblissement de l'usage de la lecture, source de mémoire, pourraient "déraciner" les cultures et connaissances d'individus trop isolés. Il pourrait en résulter une superficialisation des rapports, une vulnérabilité aux messages simplificateurs, une absence de fermeté des valeurs morales. L'exemple de la décomposition sociale de la Russie montre qu'il ne s'agit pas là d'un simple cauchemar.
De tels pays, qui croyaient avoir exorcisé pour de bon, les ravages de l'ignorance-bêtise, découvrent que l'enseignement et les connaissances ne suffisent pas à "civiliser" s'ils ne sont pas complétés par une éthique quotidienne, au niveau des cellules familiales et sociales. En résumé, je continue à croire au progrès, mais il ressemble, plus que nous ne le pensions il y a une génération, à la toile de Pénélope.


Si je contribue à la santé du monde, c'est à un micro-niveau, en essayant de diffuser une information vraie (autant que nous puissions la vérifier), qui donne à nos lecteurs des clés d'interprétation et de compréhension des comportements ; les leurs, les nôtres. Et puis, dans ma vie privée, j'essaye, avec le temps, d'aimer un peu mieux.
La maladie du monde s'aggrave en proportion de l'indifférence des humains les uns à l'égard des autres. La mienne, hors de mon cercle de proches, n'est que trop réelle, et banale.

Mon rêve, pas si secret, serait pour l'humain un progrès constant du réalisme, adouci par un progrès de l'intériorité. Le tout menant à un même idéal que celui de Voltaire : plus de tolérance dans les rapports privés et sociaux.

Lieu magique : un lit, avec ma femme.

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