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Témoin
de mon temps, à l'écoute des relations proches, soucieux de l'avenir
de mes enfants, inquiet pour celui de l'humanité, je me sens concerné
et j'agis pour défendre des choix de vie face à des choix qui
risquent de m'être imposés.
Les mutations à venir seront, me semble-t-il, douloureuses et
certainement violentes. Nous allons passer, vraisemblablement,
par des phases et des périodes de révolte, de chaos, de violences.
Non seulement dans un affrontement pour réduire les exclusions
nationales, ethniques et sociales, mais aussi pour tenter de réinventer
une répartition plus égalitaire des biens fondamentaux : l'eau,
l'air, l'espace, la circulation des personnes, la circulation
des idées contre la pensée unique, une éthique pour une communication
relationnelle. Car nous aurons à réapprendre la solidarité au
travers d'une double responsabilisation personnelle et collective.
Chrysanthème sauvage :
pureté, netteté, symbole de l'automne.
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Nous aurons à proposer une
forme de gouvernance planétaire, pour gérer la planète comme un
bien commun, unique, précieux, en établissant avec elle une relation
de bienveillance et d'amour et non plus d'exploitation et de maltraitance
comme nous le faisons actuellement.
Je contribue à la santé du monde, d'abord en m'occupant
de la mienne, en apprenant à me respecter et à établir des relations
de confrontation et non plus de soumission ou d'opposition avec
mon environnement. Il me semble aussi contribuer à la santé de beaucoup
(car j'ai peu d'emprise sur le monde) par mon action de formateur
en relations humaines, par mes écrits, par mes engagements et mon
mode de vie. Je suis végétarien, je limite au minimum ma consommation
de biens technologiques faisant appel à des exploitations abusives
des ressources communes. Tout cela peut sembler une goutte d'eau,
un tout petit pas vers une évolution possible pour un mieux être
individuel et collectif, mais c'est ma démarche au jour le jour,
au ras des pâquerettes d'un quotidien qui est sans cesse à inventer...
Je veille à ce que cette petite goutte ne s'évapore pas, que ce
petit pas s'enchaîne à d'autres pour ouvrir un chemin. Mon engagement
le plus manifeste pour la santé du monde est dans une action solitaire,
personnelle, tenace : je plante des arbres depuis plus de quarante-cinq
ans. J'ai la naïveté de croire à l'importance sacrée de la présence
des arbres sur la terre, à leur énergie, à leur langage et à la
qualité de leur rayonnement.
Mais, hélas,
je contribue aussi à la maladie du monde en me laissant
parfois trop conditionner par des habitudes, des modèles, des
pressions sociales, morales ou simplement irrationnelles. En ayant
des contradictions dans mes engagements personnels, dans ma pratique
professionnelle, par des passages à l'acte consumériste que je
ne maîtrise pas toujours. Je ne gère pas le ras des pâquerettes
d'une journée avec toute la cohérence que supposeraient mes aspirations
profondes. Je reste conditionné, me semble-t-il, par des modèles
et des conditionnements que je dépasse difficilement.
Mon
rêve secret concernant l'humain, c'est-à-dire chaque enfant,
chaque femme et chaque homme vivant sur cette terre, serait qu'un
jour on puisse se former à la communication relationnelle. Que
l'on puisse se donner des règles d'hygiène relationnelle communes
pour apprendre à utiliser nos différents langages, à mettre en
commun nos ressources, à mieux gérer nos tentations vers la violence
et la domination. Je ne souhaite pas une uniformisation des langages,
une pensée unique tournée vers le beau, le bon et le bien, je
souhaite des ponts d'accord minima autour de balises communes
pour mettre en commun le meilleur de chacun. Il y aura peut-être
un jour dans les écoles, dans chaque famille, un enseignement
des relations humaines comme une matière vitale, à part entière.
Et mon désir, au-delà du rêve, serait qu'on arrête de maltraiter
la vie. Que chacun puisse considérer la vie comme une entité bénéfique,
qui doit être honorée, respectée, nourrie, amplifiée et prolongée
bien au-delà de chacun de nous. Je souhaite une démystification
des mythes et des croyances en des dieux ou en des entités bénéfiques
qui ont fait ou feront pour nous.
Je souhaite que nous dépassions la vision d'une culture messianique
dans laquelle nous vivons depuis des millénaires, pour accéder
à l'autonomie de notre plénitude humaine. Pour ne plus se réfugier
dans des attentes ou des expectatives venant de l'extérieur, mais
affronter les risques d'une responsabilisation pleinement assumée.
Je souhaite que nous allions au-delà de la conscientisation, vers
des engagements visant à agrandir la parcelle de vie que nous
avons reçue en dépôt à notre conception, et cela pour que chacun
puisse transmettre plus de vie qu'il n'en a reçu. Il me semble
qu'il y a urgence en ce domaine.
Mon
lieu source : Une
plage au fin fond de l'océan Indien, dans un pays comme Bali.
Livres : Une
partie du catalogue de la Grande Bibliothèque, au diable l'avarice.
Une partie du catalogue de la Cinémathèque, foin de la prudence.
Musiques : Là,
je suis en difficulté car moins restrictif. Tout Mozart et Schubert.
Les Quatre derniers lieder de Strauss, Mahler, Gounod, le Concerto
en ré mineur de César Frank, les Quatuors de Beethoven. Georges
Brassens, Jean Ferrat, Barbara, Jacques Brel, Maria Callas, François
Pollet, Céline Dion, et de la musique tzigane pour la fête.
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