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LES DOSSIERS CLÉS
 

XXIème siècle : les visions de 34 écrivains et philosophes

S'il se définit comme psycho-sociologue, c'est qu'il n'a jamais séparé le champ intérieur de l'être humain de son champ d'application extérieur. Parmi ses best-sellers, citons les derniers : Contes à aimer, contes à s'aimer, aux éditions Albin Michel et Le Courage d'être soi aux éditions du Relié.

« Mon désir, au-delà du rêve, serait qu'on arrête
de maltraiter la vie.
»

Témoin de mon temps, à l'écoute des relations proches, soucieux de l'avenir de mes enfants, inquiet pour celui de l'humanité, je me sens concerné et j'agis pour défendre des choix de vie face à des choix qui risquent de m'être imposés.
Les mutations à venir seront, me semble-t-il, douloureuses et certainement violentes. Nous allons passer, vraisemblablement, par des phases et des périodes de révolte, de chaos, de violences. Non seulement dans un affrontement pour réduire les exclusions nationales, ethniques et sociales, mais aussi pour tenter de réinventer une répartition plus égalitaire des biens fondamentaux : l'eau, l'air, l'espace, la circulation des personnes, la circulation des idées contre la pensée unique, une éthique pour une communication relationnelle. Car nous aurons à réapprendre la solidarité au travers d'une double responsabilisation personnelle et collective.


Chrysanthème sauvage :
pureté, netteté, symbole de l'automne.
Nous aurons à proposer une forme de gouvernance planétaire, pour gérer la planète comme un bien commun, unique, précieux, en établissant avec elle une relation de bienveillance et d'amour et non plus d'exploitation et de maltraitance comme nous le faisons actuellement.

Je contribue à la santé du monde, d'abord en m'occupant de la mienne, en apprenant à me respecter et à établir des relations de confrontation et non plus de soumission ou d'opposition avec mon environnement. Il me semble aussi contribuer à la santé de beaucoup (car j'ai peu d'emprise sur le monde) par mon action de formateur en relations humaines, par mes écrits, par mes engagements et mon mode de vie. Je suis végétarien, je limite au minimum ma consommation de biens technologiques faisant appel à des exploitations abusives des ressources communes. Tout cela peut sembler une goutte d'eau, un tout petit pas vers une évolution possible pour un mieux être individuel et collectif, mais c'est ma démarche au jour le jour, au ras des pâquerettes d'un quotidien qui est sans cesse à inventer... Je veille à ce que cette petite goutte ne s'évapore pas, que ce petit pas s'enchaîne à d'autres pour ouvrir un chemin. Mon engagement le plus manifeste pour la santé du monde est dans une action solitaire, personnelle, tenace : je plante des arbres depuis plus de quarante-cinq ans. J'ai la naïveté de croire à l'importance sacrée de la présence des arbres sur la terre, à leur énergie, à leur langage et à la qualité de leur rayonnement.

Mais, hélas, je contribue aussi à la maladie du monde en me laissant parfois trop conditionner par des habitudes, des modèles, des pressions sociales, morales ou simplement irrationnelles. En ayant des contradictions dans mes engagements personnels, dans ma pratique professionnelle, par des passages à l'acte consumériste que je ne maîtrise pas toujours. Je ne gère pas le ras des pâquerettes d'une journée avec toute la cohérence que supposeraient mes aspirations profondes. Je reste conditionné, me semble-t-il, par des modèles et des conditionnements que je dépasse difficilement.

Mon rêve secret concernant l'humain, c'est-à-dire chaque enfant, chaque femme et chaque homme vivant sur cette terre, serait qu'un jour on puisse se former à la communication relationnelle. Que l'on puisse se donner des règles d'hygiène relationnelle communes pour apprendre à utiliser nos différents langages, à mettre en commun nos ressources, à mieux gérer nos tentations vers la violence et la domination. Je ne souhaite pas une uniformisation des langages, une pensée unique tournée vers le beau, le bon et le bien, je souhaite des ponts d'accord minima autour de balises communes pour mettre en commun le meilleur de chacun. Il y aura peut-être un jour dans les écoles, dans chaque famille, un enseignement des relations humaines comme une matière vitale, à part entière.
Et mon désir, au-delà du rêve, serait qu'on arrête de maltraiter la vie. Que chacun puisse considérer la vie comme une entité bénéfique, qui doit être honorée, respectée, nourrie, amplifiée et prolongée bien au-delà de chacun de nous. Je souhaite une démystification des mythes et des croyances en des dieux ou en des entités bénéfiques qui ont fait ou feront pour nous.
Je souhaite que nous dépassions la vision d'une culture messianique dans laquelle nous vivons depuis des millénaires, pour accéder à l'autonomie de notre plénitude humaine. Pour ne plus se réfugier dans des attentes ou des expectatives venant de l'extérieur, mais affronter les risques d'une responsabilisation pleinement assumée.
Je souhaite que nous allions au-delà de la conscientisation, vers des engagements visant à agrandir la parcelle de vie que nous avons reçue en dépôt à notre conception, et cela pour que chacun puisse transmettre plus de vie qu'il n'en a reçu. Il me semble qu'il y a urgence en ce domaine.

Mon lieu source : Une plage au fin fond de l'océan Indien, dans un pays comme Bali. 

Livres : Une partie du catalogue de la Grande Bibliothèque, au diable l'avarice. Une partie du catalogue de la Cinémathèque, foin de la prudence.

Musiques : Là, je suis en difficulté car moins restrictif. Tout Mozart et Schubert. Les Quatre derniers lieder de Strauss, Mahler, Gounod, le Concerto en ré mineur de César Frank, les Quatuors de Beethoven. Georges Brassens, Jean Ferrat, Barbara, Jacques Brel, Maria Callas, François Pollet, Céline Dion, et de la musique tzigane pour la fête.

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