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Le
danger le plus flagrant à mes yeux, car toute la pollution de
ce monde en découle, me semble être l'arrogance du capitalisme
triomphant, qui monte en puissance continuellement : tous les
jours, la presse économique parle de nouvelles fusions, les multinationales
deviennent de plus en plus puissantes par rapport aux gouvernements
et cela m'inquiète terriblement. Les hommes n'ont pas fondamentalement
changé : la nature humaine a besoin d'aimer et d'être aimée. Or
les grandes aspirations de l'être ne sont absolument pas couvertes
par le débat de société actuel qui ne se préoccupe que de la création
de nouveaux besoins. A-t-on vraiment besoin d'avoir cent chaînes
de télévision chez soi ? Il y a un extraordinaire décalage entre
les réels besoins humains et les illusoires satisfactions que
donne la société de consommation et qui n'y répondent pas. La
création des besoins artificiels nouveaux de plus en plus rapides
par le progrès des technologies nous amène vers des catastrophes.
Je n'ai pas l'impression que nous sommes, à l'orée du millénaire,
dans un système politico-économique durable.
Je l'ai d'ailleurs ressenti très fort en travaillant sur les plantes
transgéniques : elles ont été littéralement imposées aux gouvernements
par les multinationales, en dehors d'une réelle demande de l'opinion
publique, plutôt hostile dans sa majorité. Il y a une distorsion
toujours plus grande entre les vrais besoins et la caste technocratique
au pouvoir et aux finances.
Le
côté positif, je le mets dans la foi : je suis à la fois
croyant et humoriste. Les valeurs républicaines et des droits
de l'homme auxquels j'adhère ne suffiront toutefois pas à sortir
l'humanité de l'ornière, voire du plantage. En cela, après le
règne de la Bête viendra le règne de la Jérusalem céleste à
condition que le sursaut de la foi en la valeur divine de l'espèce
humaine nous sauve.
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J'aide
la santé du monde en défendant l'idée que Dieu, l'homme
et la nature font une sorte de triangle dont il ne faut pas repousser
les côtés : cette idée centrale d'une solidarité entre le divin,
l'humain et la nature amène à comprendre que nous devons maintenir
cette alliance totale et, lorsqu'elle est rompue, la rétablir.
D'ailleurs, dans la Bible, l'épisode de Noé rappelle que Dieu
fait une alliance avec l'homme et la nature, y compris " toutes
les bêtes sauvages ". Thoreau disait que la pensée des hommes
politiques gâchait le charme de ses promenades ; moi, c'est la
pensée de Dieu en uvre dans la Création qui réjouit le charme
de mes promenades !
Et je
contribue à la maladie du système qui gère le monde en
consommant, mais le moins possible : c'est inné chez moi et j'en
suis heureux. Ce que je ne dépense pas dans la consommation, je
le donne à d'autres qui sont dans le besoin : ce partage des biens
me semble juste. Lieu où passer le cap du millénaire : à Schengen
petit village connu pour le traité européen du même nom qui
se trouve à quelques kilomètres de chez moi, au bord de la Moselle,
à la frontière entre la France, l'Allemagne et le Luxembourg :
le paysage se partage entre le Rhénan et le Lorrain et j'y trouve,
depuis mon enfance, une magie indéfinissable.
Mon
rêve secret : Retourner voir le lac Bhaïkal par le Transsibérien,
en m'arrêtant quelques jours dans chaque ville traversée sur le
parcours.
Livres
: J'emporte
la Bible et les entretiens d'Alphonse et Rachel Goetmann
avec K. G. Dürckheim.
Musiques : De
la musique slave, des chants orthodoxes russes.
Techniques : Je
garde mon " moment de reprise " où le soir, après mes activités,
je prie, je récite des litanies, je me retrouve dans la paix.
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