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De
la sphère des sciences cognitives et des neurosciences, où j'agis,
ma vision positive est que les recherches, notamment
sur la "vie artificielle", vont contraindre l'homme à reconnaître
sa vraie nature, son "noyau dur" : il est autre chose qu'une machine.
Ma
vision négative est la même, mais à l'envers : dès lors
que nous nous apercevrons que les robots produisent mieux que
nous, la tentation sera grande et elle l'est déjà de dire
que décidément l'homme n'est qu'une machine minable, une sorte
de chaînon entre l'animal et le stade machinique parfait, et qu'il
peut désormais disparaître. Cela dit, 80 % des hommes sur Terre
ne sont pas préoccupés par ce genre de question, mais par celle
de savoir s'ils auront à manger. Cette réalité est une fantastique
menace, mais peut aussi devenir l'élastique qui nous ramènera
aux vraies réalités.
En quoi puis-je
contribuer à la santé du monde ? En enseignant.
En quoi je
contribue à sa maladie ?
Essentiellement sur le mode négatif : en laissant faire injustices,
pourrissements, scandales... Je repense parfois à cette phrase d'un
humoriste anglais : "Quand on peut, on fait : quand on ne peut pas,
on enseigne."
Mon
rêve secret : Que ma vision positive soit vraie et que
l'homme découvre sa vocation. Dans ma tradition, ce rêve
prend la figure du ressuscité, je n'en vois pas d'autre.
Le
lieu source : "Chez moi", ce qui pourrait être n'importe
où, en famille. Ou alors à Jérusalem.
Mon
icône : J'ai failli choisir une photo de mes trois enfants.
Finalement, je vous donne cette vue du massif du Mont Blanc depuis
le refuge de la Charpoua, qui est un endroit bien agréable. Mais
il faut sortir vers la lumière...
Livres : "
Le " Livre, La Bible ! Et puis les oeuvres de Soljenitsyne.
Peut-être aussi celles de De Gaulle.
Films
: Le
Dictateur et Les Temps modernes.
Musiques : Beaucoup
de Bach, pas mal de grégorien et l'intégrale de Piaf.
Trucs et autres :
Je
n'ai aucun "truc" de méditation, et n'aime pas ça. Associations
:
Parmi des dizaines, Droits de l'Homme et Solidarité (DHS), fondée
par Jean-François Six, qui aide les associations en faveur des
exclus. Ce qui rend notre société invivable, c'est qu'elle manque
de médiateurs.
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