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Des
cauchemars ou des rêves, j'en ai et ils ne vont pas se manifester
davantage à cause d'un symbolique passage de millénaire.
Dans la série des craintes, disons que je crois
moins aujourd'hui à un danger atomique qu'à un danger génétique.
Les vraies menaces me semblent être venues de ce pouvoir exorbitant
que nous nous sommes octroyé de modifier la structure interne
des êtres. C'est un pouvoir faustien par excellence : si le diable,
si Satan existait, il ferait des clones aujourd'hui. Ce serait
vraiment la dérision de la création, si l'on veut se placer d'un
point de vue théologique, puisque c'est la reproduction à l'infini,
de façon répétitive et industrielle, d'un être qui, par définition
ne devrait pas être. Chaque être humain est, doit être, unique
du moins sur ce plan de la création et le clone est sa négation
absolue : le clonage s'avère en cela satanique. On va m'objecter
des raisons scientifiques : je dirais qu'à ce niveau-là on fait
encore une de ces expériences dont on ne sait strictement rien
de ce qu'elle va donner sur l'homme, ce qui s'avère d'autant plus
grave que l'on touche les fondements mêmes de la vie. Voilà donc
ce qui me semble mettre le plus en question le sens même de notre
existence. Dans la nature, seuls les organismes unicellulaires
se reproduisent à répétition : alors, faut-il qu'au terme d'une
évolution millénaire on redevienne un bourgeon pensant ? Tout
le système social et familial va se trouver remis en question.
C'est peut-être la seule invention qui rassemble toutes les terreurs
de la science fiction de ce siècle, Orwell et Huxley en tête.
Mon
icône:
Cette
miniature du Sanctae hildegardis Revelartiones
de Hildegarde de Bingen
avec ce commentaire :
" L'homme a de la terre, la chair ; de l'eau, le sang
; de l'air, le souffle ; du feu, la chaleur. Sa tête est
ronde à la manière de la sphère céleste. Ses yeux brillent
comme les deux luminaires du ciel. Sept orifices le décorent,
harmonieux comme les sept ciels. La poitrine, où se situent
le souffle et la toux, ressemble à l'air où se forment
les vents et les tempêtes. Le ventre reçoit tous les liquides,
comme la mer tous les fleuves. Les pieds portent le poids
du corps, comme la terre. L'homme tient la vue du feu
céleste, l'ouïe de l'air supérieur, l'odorat de l'air
inférieur, de l'eau le goût, de la terre le toucher. Il
participe à la dureté de la pierre par ses os, à la force
des arbres par ses ongles, à la beauté des plantes par
ses cheveux "
(Honorius d'Autun, Elucidarium).
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Ma
vision positive inverse ce postulat et pose la question
de l'utilisation de nos formidables moyens : on a en effet
tous les moyens pour agir de façon plus intelligente pour
le bien de l'humanité. Pourquoi ne le fait-on pas ?
Mon
rêve essentiel et qui n'a rien de secret, puisque
je le répète sans cesse aux collégiens et lycéens que je rencontre
dans des classes où j'interviens en conférence, c'est que
l'être humain prenne conscience que la Terre est un être vivant
à qui nous faisons subir des dommages de plus en plus irrémédiables.
Il faut faire sentir notre appartenance vitale et viscérale
à la Terre.
Les
lieux sources : Il y a ceux qu'on découvre et
ceux qu'on construit. Pendant longtemps, la forêt a été mon
lieu idéal de ressourcement. Puis je me suis construit un
lieu de méditation dans mon grenier où je me retire tout en
me sentant relié à l'univers. Mais je trouve que les choses
prennent plus de sens encore dans les méditations collectives
: dans le silence ensemble, qui augmente la concentration
intérieure.
On multiplie ses sens, et l'essence, avec les autres.
Livres :
Le seul livre que j'avais emporté lorsque j'étais parti tout
seul à pied, quatre, cinq mois durant, à travers la France,
était La Divine Comédie de Dante dans la collection
" La Pléiade ", parce qu'elle ne tenait pas de place. Je l'ai
abandonnée au bout de huit jours parce que tout ce que je
voyais était dix fois plus important que n'importe quel livre.
Les livres, on les retrouve toujours, mais les gens que je
rencontrais chaque soir dans un village, je ne les reverrai
jamais.
Musiques
: Celle
des anges
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