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LES DOSSIERS CLÉS
 

XXIème siècle : les visions de 34 écrivains et philosophes

Décédé en juillet 2000, cet ancien industriel, proche aussi bien des bouddhistes, des chrétiens ou des franc-maçon, a présidé à Lille l'association Occidor qui prône l'élargissement des rapports entre les traditions d'Orient et d'Occident et organisé d'importants colloques.

« Tant que l'homme se considérera comme une entité séparée, l'humanité tout entière fera les frais de cette illusion d'optique... »

Ma vision positive : La rencontre du bouddhisme et de l'Occident chrétien, dans l'esprit du Dalaï-Lama, c'est-à-dire dans le respect des différences, pourrait conduire à prendre conscience des sentiments d'interdépendance et de responsabilité universelle.
Tant que l'homme se considérera comme une entité séparée, l'humanité tout entière fera les frais de cette illusion d'optique. Jésus et Bouddha, dans leurs enseignements essentiels de paix, de concorde et de fraternité, libérés des dogmes et des institutions, seront les maîtres de sagesse du XXIème siècle.
Ma vision négative : Je crains par dessus tout les fanatismes des propriétaires de vérités. Les religions sont, hélas, très souvent concernées, mais pas seulement les religions. Il y a danger de fanatisme dès que l'homme a perdu le sens de ce que Pascal appelait "la Vérité contraire". Sur le plan économique, j'ai très peur que les hommes ne comprennent pas la nécessité de partager.

Je contribue à la santé du monde en prenant conscience de mes faiblesses, et en cultivant le doute. En pensant globalement et en agissant localement, c'est-à-dire toujours modestement.
Et à sa maladie : certains n'ont pas compris que le professeur Albert Jacquard déclare : "Dutroux, c'est moi !" Que je le veuille ou non, je suis solidaire de tout ce qui se passe dans le monde. On peut toujours trouver des excuses à ses propres faiblesses. "Je ne me suis jamais libéré du bonheur d'être", disait Camus. Cette très belle formule, que je comprends et partage à certains égards, ne justifie pas notamment que, tout en étant conscient de l'impermanence des choses, je persiste à construire des châteaux de sable à marée basse.

Mon rêve secret : Que l'homme soit un jour libéré des trois poisons redoutables que sont l'aveuglement, la convoitise et les ressentiments.


Si l'on froisse les pétales de la rose, le parfum s'en exalte et imprègne le vétement.


Les trois photos que je garderais :

les portraits de Gandhi, de Taïsen Deshimaru et du Dalaï-Lama. Ce sont les vrais révolutionnaires de ce siècle.

Quel lieu magique pour
le troisième millénaire ?

Là où je serai, en espérant que tout contribuera à le rendre magique.


Livres :
En principe, et puisque a priori rien ne s'y oppose dans la formulation de votre question, je les garderais tous. Ce sont des amis ! Les moins "fréquentables" ont été rapidement écartés des rayons de ma bibliothèque essentielle, sans jamais avoir été éliminés pour autant. Dans le doute, certains sont au purgatoire, mais d'autres sont dans l'enfer poussiéreux du grenier.


Films :
Ceux d'Arnaud Desjardins, devenus pour ce siècle, des témoignages des grands regards de sagesse de l'Orient. Ashrams et Le Message des Tibétains, dans lesquels sont multipliés les gros plans de Swâmi Ramdas, d'Ananda Mâyi et des maîtres de la tradition bouddhique du Tibet, sont des films que je ne me lasse pas de revoir. Et puis, parce que j'aime le cinéma, je garderais quelques grands classiques de la cinémathèque française tels que : Les Enfants du Paradis, La Grande illusion, Entrée des artistes...

Musiques : Sans hésitation, Peer Gynt d'Edvard Grieg, et notamment La Mort d'Aase et Atmosphère matinale. J'ajouterais les Impromptus de Schubert, la Symphonie n° 7 de Beethoven, et La Flûte enchantée de Mozart, autant pour sa musique que pour sa dimension symbolique. Et puis, je ne déteste pas la belle
"chansonnette" de Trénet, de Brel, de Brassens, de Gainsbourg (Ah ! La Javanaise !) et Yves Montand chantant Le Chant des partisans ­ un texte rattaché à des souvenirs précis et qui me donne la chair de poule.

Techniques : Zazen, la posture de méditation assise, telle que l'a enseignée Taïsen Deshimaru à l'Occident. Ainsi, le corps et l'esprit unifiés, par simple décantation, nous pouvons devenir beaucoup plus lucides. Lucidité, éveil, deux mots qui ne sont pas si éloignés.

Associations : Toutes celles qui apportent un peu de bien-être à ceux qui souffrent, à commencer par Les Restos de coeurs de Coluche. Coluche, vénéré aujourd'hui par tous ceux qui le trouvait trop vulgaire.
La vulgarité, c'était de ne rien faire !

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