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XXIème siècle : les visions de 34 écrivains et philosophes

Avec les six pages qui lui furent dédiées dans le numéro de janvier de La Recherche, cette paléontologue ne pouvait rêver plus belle consécration à ses travaux très contestés par l'arrière-garde scientifique. Nous la défendons depuis longtemps.

« Comprendre que l'apparition de la pensée réfléchie s'inscrit dans des mécanismes différents du hasard... »

Ma vision positive des mutations à venir dans la sphère des actions : comprendre que l'apparition de la pensée réfléchie s'inscrit dans des mécanismes différents du hasard source d'ordre, et qu'une meilleure compréhension de ces mécanismes (convergence des diversités d'un même fond évolutif d'origine universelle) éveille la connaissance de la nature humaine sur la nature humaine. Les implications éthiques et ontologiques deviennent immédiates.
Ma vision négative : Refus d'admettre autre chose que la thèse du hasard source d'ordre, effets inévitables de l'entropie qui est une condition de naissance universelle contre laquelle la conscience humaine ne peut rien faire, à la différence de l'évolution universelle qui s'en sort depuis quinze milliards d'années.

Ma contribution à la santé du monde : Dépasser l'étude des symptômes pour essayer de comprendre l'étiologie (origine des causes), c'est-à-dire aller au-delà de la description des phénomènes pour tenter de remonter aux causalités passées qui ne sont pas étrangères au devenir de la nature humaine.
Ma contribution à sa maladie : En me taisant, faire le jeu d'un silence intellectuel qui cherche à préserver une vision théorique de l'évolution (hasard source d'ordre) au détriment de la compréhension des millions d'enfants qui mettent en lumière notre ignorance des processus évolutifs de l'ontogenèse crânienne affectée par des déséquilibres de la croissance du visage, inexpliqués.

Mon rêve secret : Que l'entropie qui tresse notre existence biologique ne soit pas l'ultime condition universelle et que le monde soit différent de ce que notre crible cérébral de primate perçoit, exponentiellement proportionnel à l'entropie.

Mes icônes : Les premières et dernières images du film L'Odyssée 2001 : des primates devant un objet insaisissable, planté dans la terre, insolite, présentant une perfection inexistante sur la planète, même à l'état cristallin. Éveil de la curiosité de l'animal qui conduit, en fin de compte, à la dernière image d'une planète placentaire portant foetus humain qui, déjà, a les yeux ouverts sur l'univers.
On découvre que ces objets insolites sont comme des spermatozoïdes qui fécondent au hasard des planètes-ovules, des êtres qui vivent à leur surface, sensibles à la présence de ces objets étrangers. Ce continuum a quelque chose de visionnaire, lorsqu'on comprend qu'en tout être vivant, et l'humain compris, il existe une origine préterrestre des processus évolutifs d'organisation de la complexité, qui se transmettent sur la fine pellicule de la croûte terrestre avec l'évolution des embryons en milieu intra-utérin. Ces processus correspondent, au minimum, aux phénomènes d'intégration des paliers d'organisation de l'histoire universelle (quarks, atomes, molécules, cellules, tissus, etc.). On y reconnaît comme une genèse intra-utérine à la fine surface terrestre, membrane invisible portée par les mères, l'essentiel de l'évolution macroscopique se déroulant lors de la vie intra-utérine, et non à la surface terrestre. L'éveil de la conscience à l'existence se déroule dans un placenta culturel terrestre, avec l'attente de quelque chose de signifiant. Il manque toutefois le cordon ombilical, comme dans le film, et le sens de la gestation. Mais poser la question n'est plus une hérésie scientifique. Nous attendons ­ mais quoi, ou qui... ?

Le passage : Qu'importe le lieu s'il y a présence d'âmes.

Livres: L'oeuvre au noir de Marguerite Yourcenar. Il contient ce qui me semble traduire le sens d'une vie humaine.
« Vos doutes et votre foi sont des bulles d'air à la surface, mais la vérité qui se dépose en nous comme le sel dans une cornue hasardeuse est en-deçà de l'explication et de la forme, trop chaude ou trop froide pour la bouche humaine, trop subtile pour la lettre écrite, et plus précieuse qu'elle. »

Films : Le Nom de la rose, d'Umberto Ecco filmé par J.-Jacques Anaud. Étrange poids d'une institution religieuse si lointaine dans l'espace, mais si prégnante jusque dans le coeur d'un monastère perdu dans les solitudes terrestres, riche de mémoires initiatiques et d'éternelles questions humaines, paradoxes, contradictions, trahison des messages millénaires, tiraillements de multiples niveaux de réalités de la condition humaine, de la sexualité à la spiritualité, en passant par l'intellect. Puis un film comique, sans cogitations, qui prend le quotidien avec recul et humour (style Les Visiteurs).

Musiques : Une discothèque avec certainement le Concerto pour piano n° 1 de Brahms puis, au hasard, le Requiem de Fauré, Supertramp, Marianne Faithfull, Midnight Express, Chopin, Moussorgsky, Vincent d'Indy, Joe Cooker, Genesis...
Techniques :
Dormir dans l'herbe chaude de soleil.
Associations :
Emmaüs.
Autres : Du papier blanc, un stylo et de l'encre.

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