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La
notion de positif et de négatif
n'est pas rationnelle, elle découle d'une croyance selon laquelle
on peut définir a priori ce qui est bon pour l'homme et ce qui
ne l'est pas. Voire plus généralement ce qui est bon et ce qui
est mauvais. Cette notion manichéenne doit être révisée en fonction
de la relativité et de la subjectivité des faits et des points
de vue. Elle ne devrait plus guider nos réflexions philosophiques,
mais seulement servir de schématisation dans certains raisonnements
mathématiques.
La notion
de sens est en train de remplacer peu à peu la notion
de positif et de négatif, la notion de cohérence ou d'harmonie.
Pour moi, l'humanité a un sens, qui nous échappe par définition
puisque l'on ne peut être à la fois l'outil et la volonté ou,
comme le disait Pribram, on ne peut être à la fois la goutte d'eau
dans l'océan et voir l'océan. Mais on peut ressentir qu'on fait
partie d'un ensemble de rang supérieur, comme l'électron fait
partie d'une molécule, qui elle-même fait partie d'une cellule,
elle-même d'un organe, lui-même d'un organisme. Nulle raison que
cette chaîne s'interrompe et que l'humanité n'ait pas elle-même
un sens distinct de chaque individu...
Si je prends conscience de cette notion de sens, et d'un sens
que je ne peux pas connaître, j'en arrive à comprendre, puis à
admettre, que tout est fait pour que je serve ce sens, cette cause,
le mieux possible : le plaisir est le guide des animaux, le bonheur
est le guide des hommes. Il suffit que nous suivions ce guide
pour rayonner chaque jour davantage, pour optimiser nos fonctions
physiologiques et pour répandre le bonheur autour de nous.

La
lune ronde s'élève au-dessus du sommet de
la montagne
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Donc, pas
de vision positive ou négative, simplement un constat :
l'homme avance inéluctablement vers son bonheur, individuel et collectif,
l'épanouissement de l'humanité permettant l'optimisation de son
fonctionnement au service de son sens. Et ce chemin vers le bonheur
est pavé de souffrances, de drames, de catastrophes qui sont à la
fois les conséquences du hasard, les aléas de la route, et les guides
sur le chemin, tout comme les chutes du petit enfant qui apprend
à marcher. En conséquence, si je veux contribuer à la santé
du monde, je dois travailler sur ma propre santé spirituelle
; par exemple en me donnant de l'espace et de la considération,
en étant tendre avec moi-même, à l'écoute profonde de ma vraie personnalité,
de ma réalité quelle qu'elle soit, en bannissant de mon esprit sentiment
de culpabilité et dramatisation, en affrontant la souffrance et
la mort avec calme et confiance, en acceptant mes peurs pour mieux
les intégrer et les dépasser, en prenant le temps de vivre en accord
avec ce que je suis.
Rêves
secrets concernant l'humain : pas de rêve secret, seulement
des réflexions à haute voix, et un émerveillement croissant devant
cette fabuleuse aventure qu'est la vie, et qui présente cette
caractéristique amusante qu'il est impossible d'imaginer ne pas
la vivre... Et puis une reconnaissance immense envers les milliards
d'êtres qui nous ont précédés et qui ont teriblement souffert,
expérimenté, osé, espéré pour nous permettre d'arriver au stade
où nous en sommes, c'est-à-dire à l'orée de l'accomplissement.
Mon
lieu source : Je vais répondre ce que mon corps me réclame
souvent : je souhaite me rapprocher chaque jour d'un air plus
pur, d'un soleil plus doux et chaud, et de la mer. En tous cas,
toujours plus de vert et d'eau, toujours moins de pollution, toujours
plus de terre. Et, surtout, j'aimerais me trouver dans un lieu
où les relations humaines ont la force, la chaleur, la douceur,
la violence, la simplicité de l'authenticité.
Merci de m'avoir aidé à mieux prendre conscience de tout cela.
Livres,
films, musiques, trucs, contacts:
Je
me sens incapable et surtout réticent à lister tout ce qui fait
mon jardin, tout ce qui m'a fait. J'aurais peur de passer sous
silence les milliers de choses, de rencontres anodines qui en
fait sont essentielles, ce sourire dans la rue qui me soutient
et qui m'enracine, ces quelques lignes dérobées dans je ne sais
quel livre ou quelle revue et qui alimente ma réflexion et mes
actes.
Ces contacts que l'on croit secondaires et qui sont des clés de
l'existence, mais qui s'effacent humblement devant l'émotion programmante...
Le chemin de tout homme est unique, son passé n'a rien à voir
avec son futur, sauf dans sa peur. Vivre l'instant est la meilleure
façon de me préparer vraiment à quelque étape que ce soit. Et
si ma peur me l'autorise, qu'est-ce que j'emmène avec moi ? Rien
(sauf, bien sûr, mon abonnement pour mille ans à Nouvelles
Clés...). Rien, donc, ou presque rien, pour être encore plus
disponible à chaque nouvel instant. Au tennis, on dit que pour
bien jouer une balle, il faut savoir oublier la précédente...
Mais surtout, je me demande si j'ai bien envie d'emmener tout
cela avec moi. Oui, bien sûr, ma mémoire, c'est grâce à elle que
je me construis, mais je dois être très vigilant pour ne pas enfermer
mon avenir dans mon passé.
C'est cette vigilance que je dois à mon bonheur, que je dois au
sens. Si j'emmène un sac quelque part, c'est pour me rassurer.
Mais je sais que ce dont j'ai besoin, ou aurai besoin, c'est de
ma substance profonde, seule vraie richesse que tout peut révéler,
que tout contact peut exalter.
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