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XXIème siècle : les visions de 34 écrivains et philosophes
Diriger le plus grand laboratoire homéopathique du monde n'a jamais empêché ce chercheur de se sentir libre et novateur. Son dernier livre est provoquant et utile : La Source du bonheur aux éd. Albin Michel dans la collection Espaces Libres Poche.

« L'homme avance inéluctablement vers son bonheur, individuel et collectif, l'épanouissement de l'humanité permettant l'optimisation de son fonctionnement au service de son sens »

La notion de positif et de négatif n'est pas rationnelle, elle découle d'une croyance selon laquelle on peut définir a priori ce qui est bon pour l'homme et ce qui ne l'est pas. Voire plus généralement ce qui est bon et ce qui est mauvais. Cette notion manichéenne doit être révisée en fonction de la relativité et de la subjectivité des faits et des points de vue. Elle ne devrait plus guider nos réflexions philosophiques, mais seulement servir de schématisation dans certains raisonnements mathématiques.

La notion de sens est en train de remplacer peu à peu la notion de positif et de négatif, la notion de cohérence ou d'harmonie. Pour moi, l'humanité a un sens, qui nous échappe par définition puisque l'on ne peut être à la fois l'outil et la volonté ­ ou, comme le disait Pribram, on ne peut être à la fois la goutte d'eau dans l'océan et voir l'océan. Mais on peut ressentir qu'on fait partie d'un ensemble de rang supérieur, comme l'électron fait partie d'une molécule, qui elle-même fait partie d'une cellule, elle-même d'un organe, lui-même d'un organisme. Nulle raison que cette chaîne s'interrompe et que l'humanité n'ait pas elle-même un sens distinct de chaque individu...
Si je prends conscience de cette notion de sens, et d'un sens que je ne peux pas connaître, j'en arrive à comprendre, puis à admettre, que tout est fait pour que je serve ce sens, cette cause, le mieux possible : le plaisir est le guide des animaux, le bonheur est le guide des hommes. Il suffit que nous suivions ce guide pour rayonner chaque jour davantage, pour optimiser nos fonctions physiologiques et pour répandre le bonheur autour de nous.


La lune ronde s'élève au-dessus du sommet de la montagne
Donc, pas de vision positive ou négative, simplement un constat : l'homme avance inéluctablement vers son bonheur, individuel et collectif, l'épanouissement de l'humanité permettant l'optimisation de son fonctionnement au service de son sens. Et ce chemin vers le bonheur est pavé de souffrances, de drames, de catastrophes qui sont à la fois les conséquences du hasard, les aléas de la route, et les guides sur le chemin, tout comme les chutes du petit enfant qui apprend à marcher. En conséquence, si je veux contribuer à la santé du monde, je dois travailler sur ma propre santé spirituelle ; par exemple en me donnant de l'espace et de la considération, en étant tendre avec moi-même, à l'écoute profonde de ma vraie personnalité, de ma réalité quelle qu'elle soit, en bannissant de mon esprit sentiment de culpabilité et dramatisation, en affrontant la souffrance et la mort avec calme et confiance, en acceptant mes peurs pour mieux les intégrer et les dépasser, en prenant le temps de vivre en accord avec ce que je suis.

Rêves secrets concernant l'humain : pas de rêve secret, seulement des réflexions à haute voix, et un émerveillement croissant devant cette fabuleuse aventure qu'est la vie, et qui présente cette caractéristique amusante qu'il est impossible d'imaginer ne pas la vivre... Et puis une reconnaissance immense envers les milliards d'êtres qui nous ont précédés et qui ont teriblement souffert, expérimenté, osé, espéré pour nous permettre d'arriver au stade où nous en sommes, c'est-à-dire à l'orée de l'accomplissement.

Mon lieu source : Je vais répondre ce que mon corps me réclame souvent : je souhaite me rapprocher chaque jour d'un air plus pur, d'un soleil plus doux et chaud, et de la mer. En tous cas, toujours plus de vert et d'eau, toujours moins de pollution, toujours plus de terre. Et, surtout, j'aimerais me trouver dans un lieu où les relations humaines ont la force, la chaleur, la douceur, la violence, la simplicité de l'authenticité.
Merci de m'avoir aidé à mieux prendre conscience de tout cela.

Livres, films, musiques, trucs, contacts:
Je me sens incapable et surtout réticent à lister tout ce qui fait mon jardin, tout ce qui m'a fait. J'aurais peur de passer sous silence les milliers de choses, de rencontres anodines qui en fait sont essentielles, ce sourire dans la rue qui me soutient et qui m'enracine, ces quelques lignes dérobées dans je ne sais quel livre ou quelle revue et qui alimente ma réflexion et mes actes.
Ces contacts que l'on croit secondaires et qui sont des clés de l'existence, mais qui s'effacent humblement devant l'émotion programmante...
Le chemin de tout homme est unique, son passé n'a rien à voir avec son futur, sauf dans sa peur. Vivre l'instant est la meilleure façon de me préparer vraiment à quelque étape que ce soit. Et si ma peur me l'autorise, qu'est-ce que j'emmène avec moi ? Rien (sauf, bien sûr, mon abonnement pour mille ans à Nouvelles Clés...). Rien, donc, ou presque rien, pour être encore plus disponible à chaque nouvel instant. Au tennis, on dit que pour bien jouer une balle, il faut savoir oublier la précédente... Mais surtout, je me demande si j'ai bien envie d'emmener tout cela avec moi. Oui, bien sûr, ma mémoire, c'est grâce à elle que je me construis, mais je dois être très vigilant pour ne pas enfermer mon avenir dans mon passé.
C'est cette vigilance que je dois à mon bonheur, que je dois au sens. Si j'emmène un sac quelque part, c'est pour me rassurer. Mais je sais que ce dont j'ai besoin, ou aurai besoin, c'est de ma substance profonde, seule vraie richesse que tout peut révéler, que tout contact peut exalter.

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