Cette rubrique embrasse tous les domaines ; il peut s’agir aussi bien d’un essai que d’un roman, d’un document que d’un guide.
Ne pas confondre : le livre de la semaine est choisi et présenté par la rédaction de nouvellescles.com de façon tout à fait indépendante du Club Nouvelles Clés.
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Aide-toi, ton corps t’aidera
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Anne-Marie Filliozat - Gérard Guasch |
Le dernier-né de la collection Clés, Aide-toi, ton corps t’aidera (Albin Michel) est signé par un duo bien rôdé : la psychanalyste Anne-Marie Filliozat et le médecin Gérard Guasch, deux pionniers d’une approche originale, qui nous apprennent à faire converger nos pensées, nos images intérieures, nos croyances, nos émotions et nos mémoires corporelles pour vivre mieux.
Ce guide du soin de soi propose une alternance très vivante (par étapes de trois ou quatre pages) d’exercices pratiques et de présentations clinique des dernières découvertes de la psychosomatique. Dans sa version simpliste, celle-ci nous dit : “Si tu es malade, c’est dans ta tête ; imagine un état de bien-être et tout ira mieux.” On y a longtemps cru, mais sans y croire. Les thérapeutes audacieux savaient que ça marchait, mais sans comprendre pourquoi. Et puis la recherche médicale de pointe (en imagerie corticale et en biologie moléculaire) a découvert des choses très inattendues, qui ont débouché sur une discipline au nom barbare, la psycho-neuro-immuno-endocrinologie, qui montre, par exemple, que quand vous visualisez une situation, cette image mentale provoque en vous exactement les mêmes processus chimiques que si vous viviez la situation réellement. Imaginer une situation étouffante (au propre ou au figuré) peut vous asphyxier pour de bon ! À l’inverse, penser à un paysage ou à une situation apaisés peut vous aider à guérir d’un tas de troubles bien organiques. Nous sommes des entités bien plus souples et fantastiques que prévu ! Placebo et nocebo (son inverse) agissent sur nous comme le réel physique. Deux passages de ce livre très pratique, impossible à résumer, donnent une idée de l’enjeu. D’abord, quand les auteurs rappellent que toute médecine ne fait qu’assister le vrai maître d’œuvre de toute guérison, notre corps :
Rappelons les principaux instruments de notre “médecin intérieur” :
le système immunitaire, chargé de protéger l’organisme contre de possibles envahisseurs ;
le système nerveux végétatif qui maintient l’équilibre de notre milieu intérieur, avec son versant orthosympathique qui dépense de l’énergie en préparant le corps à l’activité, au combat ou à la fuite, et le parasympathique, qui aide à stocker des réserves, détend, endort et favorise la réparation tissulaire, la cicatrisation et le renouvellement cellulaire, y compris des neurones ;
le système endocrinien, dominé par l’hypothalamus, qui, par un jeu subtil de régulation des différentes glandes, assure l’imprégnation constante du corps par les hormones ;
la communication incessante qui existe entre les diverses parties du corps et entre les cellules elles-mêmes ;
et aussi cette propriété qui fait que lorsqu’une fonction est déficiente, des systèmes collatéraux s’emploient à la remplacer. C’est vrai des organes pairs - yeux, poumons, reins, ovaires ou testicules -, mais aussi des hémisphères cérébraux ou en cas d’insuffisance circulatoire locale ;
enfin n’oublions pas les interrelations étroites entre cerveau et système immunitaire : certains chercheurs vont jusqu’à penser que notre système immunitaire agit comme un “sixième sens” qui fournit au cerveau des informations sur notre état intérieur de défense.
Mais pouvons-nous agir consciemment sur ces mécanismes d’auto-réparation hyper sophistiqués ? Eh bien oui et de multiples manières, que le livre de Filliozat et Guasch présente en plusieurs dizaines d’exercices pratiques, où il s’agit toujours :
d’utiliser notre pensée de façon positive ;
d’assouplir nos cuirasses défensives et de désamorcer nos croyances négatives ;
de donner à notre corps des informations précises par le biais d’images mentales choisies et contrôlées ;
d’installer un climat émotionnel à tonalité sécurisante ;
de protéger l’équilibre de notre système nerveux végétatif, en particulier par la relaxation et un bon rapport activité/repos ;
de prendre conscience de notre unité corps/esprit et de notre dimension énergétique.
Bien guidées, notre respiration, notre pensée, notre imagination peuvent devenir des alliées puissantes de notre mieux-être et de notre guérison. C’est fabuleusement efficace et simple. Évidemment, ça ne rapporte rien à l’industrie pharmaceutique...