En kiosque

TROUVER LA REVUE PRES DE CHEZ VOUS

Boutique en ligne
Abonnements
Anciens numéros
Offres spéciales
Téléchargement


paiement sécurisé


   Sondage en cours
Pour vous, les apéros Facebook sont :
87 votes 8.2%
Des exemples d'intelligence collective
185 votes 17.5%
Des provocations inutiles
209 votes 19.7%
Un jeu intéressant mais dangereux
113 votes 10.7%
Une invitation à se responsabiliser
76 votes 7.2%
Un processus irréversible quoiqu'on fasse
263 votes 24.8%
Rien de neuf sous le soleil
126 votes 11.9%
Autre réponse
1059 votes


   S'abonner au Flux Rss
      Flux RSS

   Groupe Facebook
           Facebook

Spiritualités

Sommaire du dossier :
De la fiction comme voie initiatique

Tous les articles de ce dossier



 Dans le même thème



 Autres thèmes


ou Retour au sommaire des dossiers


Partenaires - Annonceurs





afficher version imprimable Imprimer l'article

Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)




Les contes, modèles de vie

Renconte avec Jean-Pascal Debailleul, par Jérôme Bourgine

Trouver des modèles de sagesse dans 52 contes traditionnels, et les appliquer à nos vies quotidiennes à travers un jeu qui nous aide à voir clair en nous-mêmes. Tel est le pari tenu par un conteur visionnaire.

(JPG)
Jean-Pascal Debailleul

Nouvelles Clés : Vous avez toujours soutenu que les contes de fées comptaient parmi les plus précieux livres de sagesse de l’Occident.

Jean-Pascal Debailleul : Les contes populaires traditionnels ont été figés sur le papier assez récemment par des auteurs comme les frères Grimm, mais leur inspiration, elle, remonte à la nuit des temps et reprend tous les grands thèmes mythiques. Mais ce n’est pas tout : au-delà d’histoires souvent captivantes (un atout indispensable à la perpétuation de toute tradition orale), on s’aperçoit que les contes traditionnels sont conçus selon un modèle unique. Or, cette structure est elle-même calquée sur la psyché humaine. Les contes de fées nous parlent de notre vie intérieure. Ils ne sont rien d’autre qu’une mise en scène des processus psychologiques à travers lesquels l’être humain s’expérimente lui-même, progresse dans sa quête et s’accomplit. C’est parce qu’ils décrivent un processus d’accomplissement qu’ils commencent mal et finissent bien.

N. C. : Quelle est cette structure commune à tous les contes ?

J-P. D. : Cette structure comporte quatre éléments. Dans le conte de fées, vous avez le Roi, notre consience supérieure qui propose un défi ou une quête, laquelle paraît généralement impossible à accomplir (tuer le dragon qui terrifie la région, par exemple). Vous avez ensuite le Héros, qui représente notre conscience quotidienne avec ses doutes, mais aussi notre Cœur, ce qui est essentiel : car c’est justement au moment où le Héros accepte de s’engager dans sa quête de tout son Cœur et avec une résolution infinie, qu’il contacte en lui l’infini des possibles, symbolisé par les Fées qui sont le troisième élément. Or ces Fées, qui arrangent tout comme par miracle, sont en fait notre modèle d’accom- plissement, notre programme de croissance intérieur : nous nous croyons gland et nous sommes en fait un chêne qui ne demande qu’à se déployer ! Si nous contactons ce modèle, des événements surprenants vont se manifester pour nous aider à nous accomplir : rencontres, hasards favorables, synchronicités. Et le quatrième élément enfin est le Tout, l’univers dans son fonctionnement global. Car nous ne sommes pas seuls sur terre et notre problématique personnelle est rattachée à des tas d’autres. Comme dans les contes, notre aventure personnelle est étroitement mêlée aux affaires du royaume et à l’intérêt collectif. Et quand nous parvenons à nous accomplir, c’est en fait à la Vie que nous permettons d’accomplir ses desseins créatifs à travers nous. Raison pour laquelle l’ensemble de l’univers est très intéressé à notre réussite et prêt à nous donner de sérieux coups de main. C’est cette philosophie que, depuis toujours, les contes proposent à l’homme : un modèle rigoureusement structuré d’accomplissement personnel.

N. C. : Que vous avez transformé en méthode et, tout récemment, en jeu.

J-P. D. : Dans mes deux premiers ouvrages, j’explorais et regardais comment appliquer les leçons du conte à nos vies. "Le Jeu de la voie des contes" propose, tout simplement, d’envisager sa vie et de la vivre comme le héros d’un conte de fée. Comment ? En partant de notre questionnement actuel et en l’amenant à évoluer en lui appliquant la structure universelle du conte en 4 étapes.

N. C. : Tout commence donc par une question posée et à laquelle va répondre “l’oracle des contes”, une sélection de 52 contes archétypaux que vous avez sélectionnés ?

J-P. D. : Oui. On pose sa question et l’on effectue un tirage au sort qui nous attribue l’un des 52 contes. On prend alors connaissance du message de sagesse que le conte nous adresse. Ce message concerne le premier niveau du conte comme de notre questionnement personnel et, très souvent, il s’agit d’un vœu, d’un manque ou de quelque chose qui doit changer (les contes commencent toujours mal, rappelez-vous). Puis, par le biais d’un exercice d’inspiration, on passe au deuxième niveau du conte où, après un second tirage, on découvre l’enjeu véritable qui se tient derrière notre question : quel est notre modèle personnel de croissance ? Et l’on continue ainsi, de découvertes en engagements, à constamment recadrer sa démarche, transmuter les obstacles et profiter de plus en plus de la synergie des coïncidences : car celles-ci se démultiplient au fur et à mesure que nos desseins coïncident davantage avec ceux de la Vie.

N. C. : Quel genre de questions faut-il poser ?

J-P. D. : N’importe quelle question forte où l’on aurait besoin d’un conseil de sagesse. Toutes les questions sont valables dans la mesure où elles sont sincères. Car elles ne sont en fait que l’expression d’une autre question, plus vaste, un modèle de question qui au plus profond de nous concerne directement notre accomplissement spirituel et attend sa réponse. Le jeu est un miroir qui, par prises de conscience successives, va nous amener à cette dimension essentielle où nous allons pouvoir reprendre le fil de notre véritable histoire, ce programme d’accomplissement personnel dont nous avons parlé. Et comme le héros du conte, pas à pas, nous allons nous diriger vers cet accomplissement.

N. C. : Quelle est l’attitude intérieure requise par un tel cheminement ?

J-P. D. : Au départ, il y a un acte de foi essentiel : je m’engage à jouer le jeu, à être sincère et également prêt à remettre des choses en question. Dès cet instant, une écoute naît, on est entré dans la quête et des débuts de réponse se proposent. Mais également, dès que l’on commence à approfondir son questionnement jusqu’à interroger sa véritable histoire, on entre en contact avec de nombreux freins inconscients : des peurs surgissent (les ogres des contes), des représentations limitatives de soi et du monde, qui nous bloquent, se manifestent... Nous affrontons en pensée tout ce qui, en nous, empêche notre modèle de croissance de se déployer. Ce sont les épreuves qui jalonnent le parcours du héros de conte et le nôtre.

N. C. : Est-ce à dire que tout ce que nous vivons, au cours d’une partie, n’est que virtuel ?

J-P. D. : Aucun accomplissement extérieur ne peut exister sans un modèle intérieur déjà en place, un négatif attendant d’être révélé. Vivre ce questionnement, ces prises de conscience, ces intuitions et ces changements procurés par le jeu n’a rien de virtuel : en nous, ces progrès de l’esprit s’opèrent véritablement, au niveau de notre intériorité la plus profonde. De plus, la sagesse du conte et la sagesse de la Vie étant une seule et même chose, très vite le dialogue amorcé avec les contes se prolonge dans la vie extérieure, d’un tirage à l’autre.

N. C. : Un dialogue avec qui ?

J-P. D. : Tirer au hasard un des 52 contes ou un hexagramme du Yi King, c’est la même chose : qui parle à travers le tirage ? Sinon cette partie de nous-même qui sait. Celle qui fait parfois surgir en nous - cela nous est tous arrivé - des inspirations se révélant justes. Cette partie de nous-même qui nous inspire de puissants songes. Ici, au lieu d’attendre un songe, on interroge, on se met activement en contact avec cette sagesse qui est en chacun de nous. Le conte nous donne ce pouvoir.