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Quelles alternatives humaines à la crise ?



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Yves Michel : un éditeur à la recherche d’alternatives économiques

Par Patrice van Eersel

Voilà une bonne quinzaine d’années qu’Yves Michel bataille sur le front des alternatives économiques et des solutions qui permettraient de dépasser le système actuel du marché de façon plus juste, plus solidaire et plus écologique. Cherchant inlassablement à repérer et à fédérer toutes les innovations allant dans ce sens, en France ou ailleurs, il a commencé par utiliser à ces fins les éditions très new age du Souffle d’Or, fondées par lui au début des années 80, puis surtout lancé une seconde maison, les éditions Yves Michel, plus directement axée sur la créativité sociale et économique. C’est là que sont notamment parus les deux livres sur les Créatifs Culturels - l’enquête originale de Paul Ray et Sherry Anderson, à la fin des années 90, puis l’enquête française, dirigée par Jean-Pierre Worms, début 2007. Dans le cadre de notre dossier sur les solutions à la crise économique, nous avons retenu six titres, édités entre 2000 et 2008, par les éditions Yves Michel, qui nous semblent apporter de très intéressants morceaux de solution.

L’Écologie de marché - Ou l’économie quand tout le monde gagne

Paul Hawken

Entrepreneur (il a notamment créé l’entreprise de produits de jardinage "Smith & Hawken"), consultant et écologiste convaincu, Paul Hawken est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’économie, l’écologie et la prospective. Ce livre est devenu la bible de nombreux chefs d’entreprise engagés dans ce qu’il est convenu d’appeler "l’écologie industrielle" ou "l’écologie de marché". Paul Hawken y dresse un constat : notre société - dont le fonctionnement est régi par l’économie de marché - est aujourd’hui dépassée par ce système qui nuit tout autant à l’environnement qu’à notre santé, menaçant notre avenir et celui de la planète. La recherche du profit à tout prix néglige les données humaines et environnementales de l’économie. Des solutions, plus ou moins simples, existent pour réduire les effets de la globalisation de l’économie et améliorer à long terme la santé de notre écosystème. Pour mettre en œuvre ces solutions, Paul Hawken souhaite la sensibilisation et la mobilisation de chacun, qu’il soit personnage politique, chef d’entreprise ou consommateur. (Note de lecture du site www.utopies.com) L’écologie de marché, voilà deux mots compatibles et indissociables ! C’est ce que nous démontre l’auteur Paul Hawken tout au long de cet ouvrage.

Le système capitaliste actuel viole le système écologique de notre planète. Si nous continuons ainsi, nous allons droit vers une catastrophe pour tous les systèmes vivants. Nous le savons, notre économie industrielle actuelle a un effet dévastateur sur le climat, sur la faune, la flore et l’eau, donc sur l’homme. La pollution est en train de modifier considérablement notre système immunitaire et notre patrimoine génétique ; de plus en plus d’espèces d’animaux sont en voie de disparition. Nos activités économiques n’ont fait que dilapider les hydrocarbures, provoquer la famine pour 20% de la population mondiale... bref, nous sommes en pleine crise sociale et écologique. Certaines entreprises en arrivent même à s’interroger les nouveaux moyens de faire du commerce tant la situation est grave.

Que faire pour retrouver un équilibre harmonieux sur terre ? A partir du moment où pour Paul Hawken, le commerce n’est pas de faire proliférer l’argent mais d’accroître le bien-être général de l’humanité, il nous propose un système économique réparateur et bénéfique pour tous, le seul qui soit valable à long terme. Après avoir décrit tous les problèmes que nous rencontrons sur notre planète, l’auteur donne des solutions concrètes pour renverser le processus de dégradation de notre écosystème. Il fait prendre conscience au lecteur de la nécessité d’être acteur dans la vie, d’intégrer la pensée écologique dans son quotidien et surtout dans les institutions économiques. Ce livre est une mine d’or pour les créateurs d’entreprises. Il nous offre une véritable rénovation du système économique et nous rappelle surtout que nous sommes tous interdépendants les uns des autres, donc que l’Equilibre ne viendra qu’en œuvrant pour le bien être de tous... (Note de lecture du site Fraternet.com)

Rendre la création monétaire à la Société Civile - Vers une économie au service de l’homme et de la planète

Philippe Derudder

Les impasses dans lesquelles se trouve l’humanité - misère, épuisement des ressources, pollutions, etc. - sont le fruit de choix arbitraires faits par les hommes. La « fatalité » à laquelle le système capitaliste néo-libéral essaie de nous faire croire, par son idéologie totalitaire, est un gros mensonge. La « croissance » (de quoi ?) n’est plus une solution mais un problème. Philippe Derudder veut nous convaincre qu’il existe des pistes pour en sortir. D’abord comprendre des notions de base et leurs conséquences. Exemples : l’émission de monnaies porteuses d’intérêts par des banques privées ou les relations entre Production-Consommation-État-Banque centrale. Ensuite, s’appuyer sur des expérimentations historiques rassemblées ici et mises en perspective : monnaies fondantes, les SELs, les expériences d’Argentine, l’Ithaca Hours, les BARTERs... Pour Derudder, il s’agit de créer une autre dynamique, respectant tous les individus et l’intérêt collectif, notamment l’écologie planétaire : les citoyens doivent se réapproprier leur pouvoir de création monétaire. C’est selon lui la seule façon de garantir une planète vivable pour les générations à venir.

Les S.E.L., pour un vrai débat - Monnaies, lien social, travail, citoyenneté

Denis Bayon

Les S.E.L. se singularisent par une économie parallèle sans argent. Dans son ouvrage, Denis Bayon (économiste et chercheur à l’université de Lyon), nous présente ces Systèmes d’Echanges Locaux, leur histoire, leurs règles de fonctionnement, leur but solidaire, leur lutte contre l’exclusion. Dans une première partie, il démontre la simplicité de ce mécanisme d’échange. Cela pourrait être ce voisin qui voudrait bien qu’on l’aide à réparer sa toiture, alors qu’il offre ses services de jardinage... telle autre personne propose sa machine à coudre pour la confection de rideaux alors qu’elle aurait besoin d’un coup de main pour vider son grenier... Ces services ne sont pas gratuits, les comptes de ces échanges se font au moyen d’une unité propre à chaque groupe et dont l’appellation vient de l’imagination des membres du S.E.L. correspondant ; cela peut être des cailloux, des prunes, des grains... Il n’est pas question d’argent, de telle sorte que ceux qui n’en ont pas puissent aussi bénéficier des services et des biens de la communauté qui est limitée à un quartier, un village, une ville.

Denis Bayon met bien en exergue le côté dérangeant de cette économie parallèle pour les institutions en place, ce à quoi elle doit faire face pour se défendre et surtout bien expliquer ce qu’elle est réellement car son avenir dépend de l’interprétation qui sera faite par les pouvoirs publics. La solidarité, la confiance, le respect, la transparence, la liberté... sont les maîtres mots de ces échanges locaux. Le lecteur trouve des réponses à ses moindres questions et est invité à prendre conscience de la réalité du monde social, économique et humain dans lequel il vit ou survit. En fermant le livre de Denis Bayon, c’est une bouffée d’espoir qui fera son chemin dans l’esprit de chaque lecteur. Les S.E.L. s’inscrivent, comme d’autres initiatives, dans un mouvement de déstandardisation de notre société actuelle pour un monde plus humain. (Note de lecture du site Fraternet.com)

La dette publique, une affaire rentable - À qui profite le système ?

André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder

« Il faut réduire la dette ! ». On crie à la faillite ! Tel un père qui demande instamment à ses enfants d’aller ranger leur chambre, notre gouvernement nous dit : « Assez de cette gabegie ! Il est temps de devenir sérieux, remettez vos prétentions sociales au tiroir, l’heure est au travail et aux économies ». Ce qu’on ne nous dit pas, c’est qu’il y a une quarantaine d’années, l’État français n’était pas endetté, à l’instar de la plupart des autres nations, d’ailleurs. En moins de quarante ans, nous avons accumulé une dette colossale qui avoisine les 1200 milliards d’euros ! Pourquoi ? S’est-il produit quelque chose qui a fait que l’on ait soudain besoin de recourir à l’emprunt, alors qu’auparavant on se suffisait à nous-mêmes ? Et si tel est le cas, qui en bénéficie vraiment ? Petite leçon élémentaire de 1ère année de sciences économique : qui émet la monnaie ?

André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder nous livrent des réflexions pas bêtes sur la dette et dénoncent des mécanismes destructeurs scrupuleusement occultés. Vulgarisateurs de la « chose économique », ils aimeraient permettre aux citoyens de « savoir », afin de ne pas se laisser impressionner par les épouvantails que l’on agite sous leur nez. Selon eux, nous avons tout pour relever l’immense défi humain et écologique de notre temps, alors que la dette et l’argent ne sont que « vrais-faux » problèmes.

André-Jacques Holbecq, « économiste citoyen », est très impliqué dans le mouvement altermondialiste depuis plusieurs années. Philippe Derudder a été chef d’entreprise, ce qui l’a conduit à s’interroger sur les contradictions du système. Il démissionne alors et partage depuis lors le fruit de ses recherches et expériences dans ses livres, conférences et ateliers. (Vous pouvez écouter un dialogue entre André-Jacques Holbecq et Yves Michel, son éditeur, sur www.yvesmichel.org)

Les CIGALES : notre épargne, levier pour entreprendre autrement

Pascale Dominique Russo

À l’heure où le développement économique rime souvent avec « chacun pour soi », un mode d’investissement différent prône la solidarité et la mise en commun des fonds : Les CIGALES. Une CIGALES (Club d’investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Épargne Solidaire) regroupe 5 à 20 personnes qui mettent en commun leur épargne pour promouvoir dans un cadre légal une économie solidaire ancrée sur un territoire. Ces structures ont vu le jour en 1983 et n’ont pas cessé de se développer depuis lors. La solidarité en matière de création de très petites entreprises (TPE), permet de mutualiser les forces et de mettre en place des projets à l’échelle locale : magasin de vêtements issus du commerce équitable pour enfants, entreprise de nettoyage, compagnie de théâtre... Les exemples ne manquent pas. Initiative originale trop méconnue, les CIGALES créent un lien social entre porteurs de projet et investisseurs. Elles préfigurent d’une relation d’investissement plus directe dans une société plus solidaire. Ce livre retrace l’historique de ce courant et présente de nombreux témoignages et de pistes pratiques.

Les pauvres remboursent toujours - La Grameen Bank II

Asif Dowla et Dipal Barua - Préface de Muhammad Yunus

Au Bangladesh, la Grameen Bank est la première banque à avoir accordé des prêts aux pauvres, et plus précisément des microcrédits. Cette pratique a permis à un grand nombre de personnes, en majorité des femmes, de trouver une autonomie dans leur activité professionnelle. C’est ce qui a valu le Prix Nobel de la Paix en 2006 à son fondateur Muhammad Yunus, qui avait fait le pari que la microfinance sortirait les plus démunis de la pauvreté. Le système a été confronté à ses propres limites lors des inondations qui ont ravagé le Bangladesh en 1998 : il fallait un assouplissement et une réorganisation pour s’adapter aux besoins des plus pauvres. Écrit par l’actuel dirigeant de la Grameen bank et ancien étudiant de Yunus, ce livre retrace l’histoire de la Grameen Bank de deuxième génération, version améliorée et plus souple du désormais célèbre modèle Grameen. Vous y trouverez tous les aspects techniques pour comprendre le détail du fonctionnement de ce système, ainsi que les témoignages d’activités économiques prospères.

Découvrez la toute dernière version de l’histoire de la banque pionnière en matière de microfinance. Son idée généreuse couronnée de succès s’est étendue bien au-delà du Bangladesh, y compris aux États-Unis. Asif Dowla est professeur d’économie au St Mary’s College, dans le Maryland, États-Unis. Dipal Barua est directeur à la Grameen Bank.

Retrouvez ces ouvrages sur : www.souffledor.fr