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Psychologies

Sommaire du dossier :
Introduire le développement personnel à l’école ?

Tous les articles de ce dossier

  • Témoignage d’un prof qui a quitté l’éducation nationale
    Par Bruno Giuliani
  • Un exemple d’école à l’écoute
    Par Huguette Guermonprez
  • 3 questions à Jacques Salomé
    Par Marc de Smedt
  • Ces profs qui n’ont pas baissé les bras
    Par Laure Fontenay
  • Fiche technique : la kinésiologie pédagogique


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Fiche technique : la kinésiologie pédagogique


De nos jours des millions de jeunes souffrent de difficultés d’apprentissage, bon nombre de manière grave. Mais les enfants ne sont pas les seuls concernés. Dans de nombreux domaines, les adultes souffrent de troubles similaires, dans leurs études, au travail, dans le cadre de la formation, etc.

Car la notion d’apprentissage dépasse la définition traditionnelle du cadre scolaire. L’apprentissage doit nous nous permettre de mobiliser les ressources nécessaires pour faire face à toute nouvelle situation, puis de créer un automatisme lorsque cette situation se re-présente. Quel que soient l’âge où le contexte, toute nouvelle activité requiert donc la mise en œuvre des capacités d’apprentissage.

Les recettes classiques, souvent basées sur le principe du “plus de la même chose” (à l’école : plus de profs, plus de cours de rattrapage, etc.) ne semblent guère apporter de solutions à ce problème multiforme et urgent. Des approches nouvelles s’imposent. Une de ces méthodes est la Kinésiologie Éducative.

Son programme de base : la Brain Gym (ou gymnastique du cerveau) a été développée en Californie par le Dr Paul Dennison, sur une période de vingt-cinq ans et introduite en Europe à partir de 1981. À l’origine, c’était un programme destiné à aider des enfants souffrant de difficultés d’apprentissage, mais l’on aperçut rapidement que tout le monde pouvait en profiter. C’est la raison pour laquelle la Brain Gym s’est répandue dans le monde entier et fait désormais partie des outils d’excellence, non seulement de certains enseignants ou orthophonistes, mais aussi de kinésithérapeutes, ostéopathes, entraîneurs sportifs de haut niveau, ainsi que de certains coachs dans le monde de l’entreprise.

La plupart des enfants sont assez doués pour réussir l’école et la plupart des adultes assez intelligents pour faire face aux exigences du travail. Pourtant, l’adaptation des uns et des autres au terrain pose souvent problème. Comment améliorer cela ?

Pour apprendre, il nous faut d’abord de bons outils : entre autres, des yeux, des oreilles, une capacité de concentration, de mémorisation, etc. En absence de handicaps organiques patents, telles la surdité ou autre lésion cérébrale, nous pensons que nos capacités sont toujours disponibles. Or, ce n’est pas le cas !

Comment expliquer par exemple le fait que nous soyons souvent incapables de voir un objet que nous cherchons alors qu’il se trouve sous notre nez ? Nos yeux regardent, mais nous ne voyons pas. Il faut savoir que pour réaliser une simple opération de vision, nous mobilisons évidemment nos yeux, mais aussi plusieurs aires cérébrales et des connexions neuronales innombrables. Une bonne concertation entre toutes ces parties est donc indispensable. On constate que la plupart des problèmes d’apprentissage (scolaires ou autres) ne sont pas causés par l’absence ou la déficience d’une capacité mais par des blocages dans cette concertation. Pour illustrer par une image la différence entre les deux types de problèmes, on pourrait dire qu’une incapacité serait comme une voiture sans moteur - incapable de rouler-, alors qu’un blocage ressemblerait davantage à une clé de voiture égarée - il y a simplement une erreur.

La kinésiologie éducative, et notamment la Brain Gym, nous mettent sur une piste inattendue vers une solution pour pouvoir résoudre ce genre d’“ erreur ”. Remarque : par erreur, nous n’entendons pas les situations où l’on se serait trompé de l’objectif (par exemple, apprendre plutôt l’italien que l’allemand) ; une erreur d’apprentissage correspond à une mauvaise stratégie, un mauvais choix de ressources ou de références.

Quel est donc la piste inattendue ? C’est le mouvement. Vaste et passionnant débat. Au début du 20ème siècle, Hilbert et Poincaré débattent sur les fondements de la géométrie. Pour le premier, c’est une pure affaire de logique mathématique et de raisonnement. Poincaré défend une thèse bien différente. Pour lui, les concepts de la géométrie s’ancrent dans les sensations corporelles du mouvement : se représenter un point, c’est s’imaginer le mouvement qu’il faut faire pour l’atteindre. Presque cent ans plus tard, Alain Berthoz, neurophysiologiste et professeur au Collège de France nous rappellera que “ le mouvement est au fondement de l’évolution du cerveau. Échapper à un prédateur, retourner au gîte, exprimer ses émotions, parler, explorer du regard et du geste, naviguer dans l’environnement, grimper, maintenir l’équilibre : toutes les activités du cerveau s’accompagnent et s’expriment par le mouvement ”.

Paul Dennison, l’inventeur de la Brain Gym, nous dit, lui aussi, depuis plusieurs décennies, que “le mouvement est la clé de l’apprentissage”. Sa méthode consiste en une série d’activités et d’exercices simples et amusants, qui apportent de l’énergie et remettent en route la connectique interne. Ces exercices peuvent être pratiqués seul où en groupe. C’est une forme de gymnastique des neurones, particulièrement recommandée en cas de problèmes d’apprentissage chroniques.

Comment cela fonctionne-t-il dans la pratique ?

Après le constat des difficultés de la personne, enfant où adulte, et de son objectif, le praticien en kinésiologie éducative va faire un bilan détaillé des ressources disponibles et bloquées dans un contexte donné ; et ceci grâce au tests musculaires. La question de fond reste toujours orientée sur l’intégration cérébrale. En clair : comment le cerveau et ses périphériques (organes de sens, système moteur) sont-ils organisés et connectés face à une tâche difficile. Souvent, on constate par exemple que les yeux sont ouverts, mais que la personne ne voit pas. Même chose pour les oreilles : elles n’entendent pas. Et plus généralement, le QI est bon, voire brillant, mais on ne comprend pas ; ou bien on ne se souvient pas, en l’absence de toute lésion cérébrale ou autre maladie d’Alzheimer. C’est là que le test musculaire s’avère très utile. Un test musculaire permet d’obtenir une réponse directe du système nerveux central. Par ce biais, les blocages spécifiques du sujet se manifestent ouvertement, révélant parfois des associations totalement imprévues. Par exemple, certains difficultés d’apprentissage sont causées ou aggravées par une hypersensibilité ou une allergie... aux produits laitiers ! Ce problème réglé, la personne retrouve ses capacités d’apprentissage. Le problème d’origine n’était donc pas la mauvaise éducation à la maison, ni l’institutrice débordée à l’école, ni le caractère rebelle de l’apprenant.

Dans la plupart des cas, la correction s’obtient par des exercices physiques qui activent le cerveau de manière à réharmoniser les fonctions cérébrales. Une partie de ces exercices favorise la communication entre hémisphères gauche et droit du cerveau. Ici, la batterie de tests musculaires intervient pour déterminer quelles sont les fonctions qui tombent en panne dans la situation problématique. Après les exercices, ces mêmes tests permettent la vérification instantanée de l’efficacité de la séance. Ainsi, le sujet dispose-t-il d’un double contrôle de son progrès : en renouvelant son activité (par exemple : relire un texte, rejouer un morceau de musique, reprendre un geste, etc.) ; mais aussi par le test musculaire. Imaginons quelqu’un qui a des difficultés de lecture ; au début de la séance, le rendement n’est pas bon, la personne est stressée, son test musculaire est faible ; à la fin, en reprenant l’activité après les exercices, elle lit mieux et son test musculaire est probablement renforcé.

En kinésiologie éducative, toute difficulté d’apprentissage peut être travaillée : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, problèmes de concentration, d’organisation, excès de stress résultant de mauvaises expériences ou de l’anticipation d’un futur échec (réunion de travail, compétition sportive, examen). On comprend que les spécialistes de l’apprentissage soient de plus en plus nombreux à se former à cette méthode. Cela dit, attention : la kinésiologie ne remplace ni le travail ni l’effort d’apprentissage ! Il arrive que des parents emmènent leur enfant en difficulté chez un spécialiste, en espérant que celui-ci va “ réparer ” une absence de travail de manière miraculeuse. On ne devient pas champion sans entraînement intensif. En revanche, pour celui qui est motivé mais ne parvient pas à s’organiser, un bon accompagnement kinésiologique permet d’atteindre des sommets. Et même, quand tout va bien, avec plaisir !

Qu’est-ce que la Kinésiologie ?

Inventée par le Dr George Goodheart, qui s’inspira de la chiropraxie mise au point par Daniel D. Palmer au début du XXème siècle, la kinésiologie propose à la fois une méthode de diagnostic et de traitement, qui peut aider à soigner de nombreux troubles et surtout aider chacun à se remettre en forme, par l’entremise des mains d’autrui. C’est en fait une synthèse originale de plusieurs thérapies énergétiques, notamment de l’acupuncture dont elle reprend l’essentiel de la grille de lecture (avec méridiens, grands vaisseaux, etc.), en rendant celle-ci accessible à tous. L’une des particularités de la kinésiologie est sa façon d’écouter l’autre en “ dialoguant avec ses muscles ”, proposant - à l’instar de l’haptonomie, inventée bien après - une forme de toucher qui touche aussi émotionnellement. Nous vivons dans une société qui souffre d’un manque de contact physique. La kinésiologie l’avait compris il y a déjà longtemps. Brain Gym et Kinésiologie Éducative sont des branches de la Kinésiologie générale. Celle-ci est une discipline qui applique des tests musculaires comme moyen de communiquer avec le corps. L’outil des tests musculaires a comme objectifs de détecter des déséquilibres, de déterminer les corrections optimales et de pouvoir vérifier immédiatement l’efficacité des interventions. Ces possibilités précieuses se basent sur une découverte fondamentale du Dr Goodheart : quand un stresseur, auquel un organisme est exposé, dépasse un seuil critique, le système musculaire réagit tout de suite et met un muscle témoin en “ hors-circuit ”. Celui-ci devient faible et sert ainsi comme écran pour analyser, comprendre dans un premier temps la nature du problème mais aussi et surtout ensuite à trouver des bonnes solutions. L’origine d’un stresseur peut être d’ordre physique (traumatismes, contraintes), biochimique (nutrition, médicaments, environnement) ou psychique (troubles émotionnels ou mentales, stress). Pour être en bonne santé et performant, notamment dans le secteur de l’apprentissage, il faut absolument un équilibre sur et entre les trois plans. Ce modèle tri-dimensionnel est appelé en kinésiologie la triade de la santé.

À lire :

-  Kinésiologie, le plaisir d’apprendre, Paul Dennison, éd. Souffle d’Or.
-  Brain Gym - le mouvement, clé de l’apprentissage ; Brain Gym au bureau, Freddy Potschka, éd. Souffle d’Or.
-  La gymnastique des neurones, Carla Hannaford, co-éd. Grancher et Souffle d’Or.
-  Initiation à la kinésiologie, Marie Desjardins, éd. Trajectoire

Contact :

Institut Français de Kinésiologie Appliquée - 155/157, cours Berriat - 38000 Grenoble. Tél : 04 76 70 93 24 - Site : www.ifka.com



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