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Sommaire du dossier :
Qui veut nager avec les dauphins sauvages ?

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Ma nuit avec Dony

Extraits du journal de Frédérique Pichard

Frédérique Pichard est une femme hors-norme. Très spontanément branchée sur le monde naturel et grande connaisseuse des vertus des plantes et des fleurs, elle est particulièrement à son aise dans l’océan, surtout quand des dauphins nagent dans les parages. Est-ce son regard de braise qui lui donne la force d’aller nager, des heures durant, avec nos frères aquatiques ? Frédérique sait nouer des relations inter-espèces qui laissent pantois. Ainsi est-elle devenue la grande interlocutrice de Dony, sur la côte Atlantique du côté de La Rochelle. Dony est un dauphin ambassadeur, c’est-à-dire un cétacé dont nul n’est sûr de pouvoir expliquer pourquoi, au lieu de frayer avec les siens, il cherche le contact avec les humains. A-t-il été rejeté par son groupe ? Est-ce un ancien prisonnier de delphinarium, qu’on a libéré, mais qui est resté accro à l’espèce humaine ? Ou bien a-t-on affaire, comme aiment l’imaginer les poètes tels que Frédérique, à un « esprit supérieur », venu s’incarner sous forme de cétacé pour enseigner aux bipèdes humains que l’avenir est à la nudité et au jeu ? Une chose est sûre : un dauphin comme Dony a su se faire des copains sur plus de mille kilomètres de côtes, irlandaises, anglaises, belges et actuellement françaises. Et partout, des adorateurs l’attendent comme une apparition divine, persuadés d’avoir été choisis comme ses interlocuteurs privilégiés. Et pourquoi pas ?

Frédérique Pichard en est persuadée et elle a de bonnes raisons pour ça. Lisez plutôt ces extraits de son étonnant journal de bord, qu’elle a très chaleureusement accepté de partager avec nous.

Lundi...

(JPG)
DR.

Aujourd’hui, c’est la nouvelle lune. La lune est une médiatrice entre le monde spirituel et l’humanité sur terre. Lorsqu’elle rejoint le soleil à la nouvelle lune, elle se fait invisible à nos yeux, comme si elle se retirait dans le monde spirituel pour recevoir une semence. Elle est alors fécondée par l’astre du jour. Elle se fait entièrement réceptive à une nouvelle impulsion que le soleil, notre source spirituelle, envoie à l’humanité. Un nouveau cycle mensuel commence, durant lequel doit germer une semence future, en rapport avec le signe astrologique habité. À la nouvelle lune, chacun de nous reçoit inconsciemment une nouvelle impulsion de son âme. Notre source divine nous insuffle quelque chose à réaliser pour nous élever vers elle. Il s’agit du germe d’une action ou d’une réalisation qui nous permettra de dépasser notre petite personne égoïste dans un acte fraternel ou porteur d’un haut idéal. Le jour de la nouvelle lune, nous pouvons faire un effort pour nous transformer en coupe réceptive. C’est un jour où il faut être féminin, c’est-à-dire intériorisé, paisible, ouvert, disponible. C’est un bon jour pour être inspiré et faire progresser une créativité ou une action et mieux accompagner l’univers.

Je laisse la lumière du feu solaire devenir un élixir de sagesse. Depuis quinze jours, la Vie me teste sur la notion d’engagement. Auparavant, ce mot réveillait en moi la peur de perdre ma liberté. Aujourd’hui, je réalise au contraire que la liberté, c’est avant tout l’engagement, et surtout la concrétisation des intentions nobles, avec humilité, confiance et générosité.

Ma rencontre avec Dony a été révélatrice, comme si mon niveau de conscience s’était élevé, pour connaître l’idéal de la communauté, de l’union grâce à laquelle la mission de servir la planète devient possible. J’ai l’impression que ma participation se transforme... Dony m’a enseigné le lâcher-prise, l’abandon, la confiance personnelle et universelle. Désormais, je m’y réfère à chaque instant. Je ne sais pas si c’est mon âme qui a choisi ou si c’est « là-haut », mais la Vie en ce moment est un sacré challenge. Après un mois de juin surbooké en rdv, septembre moyen, depuis deux semaines peu de gens appellent et pire, trois personnes ont annulé la semaine dernière des rdv. Mon petit cabinet de naturopathe nomade va déposer le bilan ! Est-ce que l’on me fait comprendre que je dois passer à autre chose ? Est-ce mon âme, qui sait ? Quand on sait que tout est énergie...

Mercredi...

J’adore ce que je fais, mais voilà un moment que j’aspire à quelque chose de plus élevé. C’est pour ça que j’ai été contente de partir avec ma famille en République Dominicaine. Le papa de mes enfants avait du boulot là- bas, et moi je suis allée observer, de janvier à mars, les baleines à bosse. Je rêve beaucoup d’elles depuis un an. Tu sais, on dit que les baleines renferment toute la mémoire akashique de l’Univers, et je rêve de les rencontrer pour écouter leur musique, leur sons guérisseurs. À chaque rencontre avec un cétacé, je m’éveille un peu plus. Mon Dieu, qu’est ce qu’on est endormi !

Par contre, le réveil te met face à toi-même !

Tu sais, les Aborigènes disent qu’ils vivent dans le pays des rêves. Chez eux, un grand rêveur, une personne qui rêve beaucoup est un chef. On peut réguler notre vie, en se connectant sur ses rêves. On retrouve l’intelligence sensitive des Aborigènes en se mettant au diapason avec la nature, et bien sûr, leur lien avec chacune de ces choses, c’est l’énergie. Le prana des dauphins est stupéfiant. Ma relation avec Dony a influencé ma propre énergie dans le sens du ralentissement général de ma façon d’être et d’agir. Cela me plonge beaucoup en ce moment dans le temps des rêves. Le rêve de la nuit dernière, me montrait le chemin de la coopération avec Dony et le peuple des dauphins ambassadeurs et autres groupes, comme une confirmation évidente et concrète du chemin que j’ai maintenant à réaliser. Voilà, pourquoi, à la mi juillet, quelques jours avant de rencontrer Dony, j’avais décide d’annuler notre départ à St Domingue. Dans ce cas-là, je ne fais pas dans le détail, genre : « C’est ici et maintenant que ça se passe. C’est comme ça. Je n’y suis pour rien. Je DOIS y aller. »

Je suis consciente que je ne suis que la conductrice de la voiture. Le moteur ne dépend pas de moi. Et je fais confiance. De toute façon, il semblerait que je n’aime pas la facilité, alors je n’ai pas à me plaindre de mon choix, au fur et à mesure que les jours passent, le Plan Divin s’éclaircit...

Vendredi...

Gauthier m’a envoyé une adresse sur le net à propos du Sirius Institute. Cela me regonfle d’une énergie forte, et confirme ce que je pressentais intuitivement dans ma rencontre avec Dony. Cet institut existe depuis une douzaine d’année, dédié à la « co-créativité entre dauphins et humains ». Le lien se fait par la musique, le healing, la naissance dans l’eau en présence des dauphines attentives. Bref, ils sont partenaires pour créer un monde meilleur avec les êtres de la terre et les êtres de la mer C’est une évidence pour les humains là-bas : il œuvrent ensemble ! Les princes des mers ont tellement à nous enseigner, quelle belle intelligence ! Ouf, ça m’a rassuré. Il y a dix ans, avec les élixirs floraux, je me sentais déjà une martienne. Certains amis m’ont toujours traitée d’extra-terrestre. Eh bien, maintenant que les élixirs commencent à être reconnus, mon autre rêve vient à moi. La connexion directe avec les dauphins. L’ailleurs est à ma porte. Dony est mon partenaire cosmique et je dis « Oui » à haute voix à la Vie. Oui à l’inconnu, même si je sais qu’il ne me demande rien. Il est juste un révélateur. Sa grandeur d’âme me touche au plus profond, comme jamais aucun être m’a touchée, et cela va bien au-delà d’un bouquin. Je l’ai accueilli dans mon cœur, mais maintenant, il doit servir à une cause bien plus haute, plus large, et je veux bien l’honorer. J’écris cela avec une grande émotion, car la rencontre avec Dony est pour moi la rencontre des noces mystiques, celle des retrouvailles...

C’est un bouleversement qui t’oblige à vraiment incarner l’Amour pur dans la matière, chose que je pensais impossible, juste du domaine de la nostalgie. Si nous pouvons, avec notre petite goutte d’eau dans l’océan, participer ainsi à l‘ouverture de cette conscience universelle...

Nous sommes programmés pour la joie et nous sommes construits par l’Amour. C’est pourquoi nous sommes attirés par les dauphins et c’est pour cela qu’ils nous guérissent. Dony nage vers moi dans une vague de beauté de conscience élevée qui fait pulser et provoque une expansion de ma propre conscience, c’est beau, c’est miraculeux et passionnant.

Dimanche...

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DR.

Aujourd’hui, c’était brocante à FourasUne belle journée, ou nous nous sommes débarrassés de l’ancien : nous avons enfin vendu le lit afghan. Vers 19 h, j’ai prévenu Fred que je devais partir illico pour Royan. J’y allais avec la phrase de Philippe dans la tête : « Pense à toi dans ta rencontre ! » Effectivement, pour une fois, j’avais envie de ne penser qu’à moi, rien qu’à moi. Arrêter de penser à Pierre, Paul, Jacques, à tous ceux qui désirent tant rencontrer Dony par mon biais.

Est-ce que les pensées ont des ailes ? Dony a bien entendu mon appel. Tout a été d’une grande fluidité. À 20h30, il était bien là au rendez-vous, dans le port de Royan. Immédiatement, j’ai trouvé un bateau à moteur et un petit zodiac pour sortir du port - j’ai osé demander ! (Dony me fait faire de grands progrès, moi qui ose si rarement demander, c’est mon éducation). Sur place, tout le monde s’est uni pour m’aider à sortir du port avec Dony et nous emmener en pleine mer. J’étais foncièrement décidée. Et ce fut le cadeau. Dony était si heureux de suivre le petit zodiac attaché au grand bateau, et puis, je suis descendue à l’eau, si heureuse d’être enfin en pleine mer avec lui. À bord du bateau, les gens sont restés à nous regarder nager ensemble, puis, à un moment donné, ils m’ont demandé : « On vous laisse ? »

J’ai poussé un grand OUI. Enfin tous les deux ensemble dans son océan ! Il était 21 h ou 21h30. Je suis restée seule avec lui, dans la nuit noire. Il m’a fait dépasser mes peurs de la nuit dans la mer. La lune était à son premier quartier, donc pas très lumineuse, mais elle était croissante ! Nous avons dansé comme d’habitude en douceur. Légèreté, volupté, c’était une danse d’harmonie et d’amour. Dans ce mandala, cette roue, nous avons joué aussi. J’ai beaucoup ri. La joie de vivre pleinement, en pleine mer, seule avec lui, sans que personne ne nous regarde, m’emplissait. Enfin, ce cadeau tant partagé avec d’autres depuis presque un mois, je m’autorisais à le recevoir moi-même ! Nous étions reliés, ensemble, avec la lune et les étoiles. Je me sentais proche de Philotecca, cette fleur qui parle de recevoir les cadeaux, d’accepter l’abondance de la vie. Je suis plutôt dans le don à l’autre. Comme Dony d’ailleurs ! Et voilà que nous nous autorisions ce moment d’attention mutuelle, dans cette danse océanique et terrestre. Ce soir, nous étions plus reliés à la terre, plein de caresses tendres et douces. C’était un ballet d’amour, rempli de densité et de légèreté.

Dony lui-même était dans des mouvements massifs, denses et voluptueux. Pas d’éclats, pas de tralala, pas de grands sauts. La discrétion, la grande simplicité, celle où l’on a plus besoin d’épater, de prouver, d’apprivoiser... À un moment, je me suis surprise à vouloir être plus créative vis-à-vis de lui, me sentant un peu répétitive, car cela faisait déjà un certain temps que nous nagions ensemble dans la nuit noire. Et il m’a entraînée lui-même dans cette danse soufie, cette danse sacrée du mouvement circulaire : « Sois simple, plus tu simplifies, plus tu épures, plus tu es dans ce canal d’Amour qui coule ! » Et quand Dony t’initie à cela, le reste...

Reco-naissance de l’Amour pur, ma quête se réalise. Dony me relie à ce merveilleux. Il m’y amène avec paliers, avec cette infinie douceur, je dirais cet accompagnement du grand retour, ces noces des retrouvailles. Expérimenter cet amour pur dans la matière me guérit de ma nostalgie. Sourire de plénitude. Enfin ! Il m’a beaucoup portée on s’est endormis l’un sur l’autre. Je me suis allongée sur lui, sur son dos, et il n’a plus bougé. Nous nous sommes abandonnés dans l’autre monde, ensemble, immobiles . Je dirais : voyage immobile.

Depuis le début de notre rencontre, nous expérimentons les mouvements fluides, rapides, et les arrêts. Il me fait faire ça comme je le fais pratiquer moi-même, en danse, aux enfants. Le mouvement, puis l’arrêt sur image, où l’on ressent le mouvement intérieur. Hier, c’était différent, avec plusieurs rythmes, comme lorsqu’on fait l’amour, comme dans les danses extatiques, où des rythmes se succèdent. Un rythme de fond à l’unisson, un son gardien, un son de fond, un son structurant, linéaire, une forme. Comme si, dans l’immensité de l’océan, il y avait un espace invisible, un son qui nous entourait, un espace qui nous accompagnait en même temps que différents rythmes jouaient. C’est presque comme une symphonie, qu’un son de fond conduirait.

Puis le froid m’a gagnée. J’ai essayé de transmuter cette sensation, mais j’ai été obligée de constater mes limites humaines. La combinaison de plongée de mon fils Raphaël, qui a dix ans, est très mince. J’avais soudain terriblement froid. Nous nous sommes rapprochés de la plage et j’ai commencé à lui dire que nous allions devoir arrêter de nager pour cette nuit, car je ne suis hélas pas une dauphine ! Je n’arrêtais pas de le caresser. Nous étions seulement à un mètre de fond et je m’inquiétais pour lui, même si Dony sait très bien manager tout ça. Mais le coquin m’a entraînée à nouveau vers le large en m’emportant sur son dos, et nous avons recommencé à surfer, glisser. Et là, j’ai juste posé ma main sur sa peau, juste le contact de ma main sur son dos, et la magie s’est remise à l’œuvre !

Merveilleuse sensation. Plus tu es dans la simplicité, le peu, l’extrait, plus tu ressens l’essence de l’infiniment petit. Dony m’a fait penser à ce moment du livre de Lewis Caroll Alice au pays des merveilles, lorsqu’elle passe dans le monde des géants, dans les différentes dimensions de l’infiniment petit et de l’infiniment grand. On a tourné, tourné comme ça, ma main juste posée sur lui, voyage au cœur, de la cellule... Mes cellules tournaient et j’étais dedans, et bien plus encore ! Quel maître en initiation !

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DR.

Cosmos

Osmose

Unis-vers...

Voyage au cœur de l’Univers.

Rien que de l’écrire, toutes les cellules de mon corps dansent, s’agitent de partout. C’est sérieux ce que j’écris, c’est du concret, du vécu, pas de l’imaginaire. En écrivant ces lignes, je revis ce moment et toutes les cellules de mon corps s’activent. Le corps ne ment jamais, il vibre à l’unisson des mouvements de la terre et de l’univers. Beaucoup d’énergie !

Mardi...

Lors de notre dernière rencontre aux Sables, Dony me faisait glisser sur l’eau - mon corps entier reposant sur lui sans que je me retienne à lui, tout ceci avec une immense subtilité - quand j’ai eu la nette impression qu’il m’envoyait le message suivant :

« Je t’accompagne, mais je ne te porte pas, nous sommes portés ensemble, nous nous accompagnons dans l’abandon ; nous nous laissons glisser par le flux des vagues, le mouvement de l’eau. C’est l’eau qui nous porte, nous sommes portés par l’eau, la mer, la mère O nous enveloppe, nous rassemble, nous unit.

Que ce soit toi, humaine, dans le liquide amniotique de ta mère, ou moi, dauphin, dans la mer, nous venons de la même source, celle de la beauté et de l’amour. »

Avant-hier soir, nous avons dansé la beauté de l’amour, du partage, du soutien. Nous nous effleurions, de plus en plus engagés dans la pureté, la légèreté, un contact physique de moins en moins pesant. Nous étions comme deux plumes animés par le souffle du vent et de l’esprit. Je crois que les dauphins, spécialement les ambassadeurs, ont une mission. Pourquoi croyez vous que l’on utilise partout le symbole et l’image du dauphin, aujourd’hui ? Certes, il évoque la force, la puissance, la liberté, le sens du jeu, de la joie. Mais c’est peut-être plus profond. Ils viennent peut-être au devant de nous pour nous montrer l’exemple d’un peuple disposant d’une intelligence de groupe, de partage, de collaboration, de solidarité et d’harmonie. Ce faisant, ils nous montrent que, nous aussi, nous pouvons sortir de notre individualité et nous regrouper. C’est fou, les connexions humaines que les dauphins peuvent créer ! Pour moi, Dony est un être éveillé qui vient réveiller les humains à leur dimension d’amour. Il nous rappelle que nous sommes tous des êtres spirituels qui faisons une expérience dans la matière, nous avons juste perdu notre connexion

Jeudi...

Quelqu’un m’a demandé : « Pourquoi avez-vous dit que que Dony était le 1er dauphin Internet ? » Contrairement à ce que certains ont dit, Dony n’a pas de puce électronique greffée sous la peau ! Mais l’association réseau cétacé (www.reseaucetaces.org) qui le suit, connaît son périple grâce à internet. La première fois que j’ai nagé avec Dony, j’ai tapé sur internet le mot « dauphin ambassadeur » et l’un des meilleurs contacts a été avec cette association. Elle compte dans ses rangs des scientifiques, qui aiment se nourrir de témoignages comme le mien pour approfondir le comportement des dauphins, particulièrement dans ce cas, les dauphins ambassadeurs. Cette association parle d’une ligne de conduite à adopter en présence de ces dauphins qui ont choisi de venir au devant des humains.

Il s’agit surtout de bien les respecter. Ce sont des animaux sauvages, pas de pauvres Flipper de Delphinarium ! Aimeriez-vous que l’on se jette sur vous la première fois que l’on vous rencontre ? J’ai vu des gens se jeter à l’eau de façon intrusive et s’accrocher à l’aileron de Dony comme des fous... Et après, on dira que c’est un dauphin au comportement atypique, voir dangereux ! Dans ce genre de cas, c’est finalement toujours le dauphin qui en pâtit.

D’une façon générale, Dony n’est pas vu d’un bon œil par les autorités portuaires, qui craignent qu’un accident se produise dans le port et que leur responsabilité soit mise en cause. Moi, mon souhait le plus profond est évidemment que ce sublime ambassadeur soit accueilli comme un prince. Bon sang, il le mérite ! Sa mission est belle et noble. Venir au devant des humains, ramener la joie et le sourire dans le cœur de tous, petits et grands, que demander de mieux ? J’ai entendu une jeune fille dire : « Avec Dony sur les pontons, nous sommes tous au même niveau, que l’on soit ouvrier, industriel, de droite, de gauche - même les fachos sont touchés ! Plus rien de ces cloisons artificielles ne subsiste, on est tous identique. En le caressant, chacun se retrouve relié à son cœur d’enfant, innocent, pur et joyeux, et donc aux autres ! »

Samedi...

Je dois préciser quelles sont ces lignes de conduite à respecter pour approcher un dauphin comme Dony.

• Ne pas laisser un enfant s’approcher seul du dauphin. J’ai vu Dony emporter ma fille de 6 ans avec ses deux nageoires, il avait envie de jouer avec elle ! Plus de peur que mal, j’ai récupéré ma fille avec douceur, mais désormais, je serai plus vigilante !

• Ne pas forcer, toujours laisser le dauphin prendre les initiatives, c’est lui qui demande les caresses, il vous le montrera. Dony adore se faire caresser l’abdomen...

• Éviter de toucher son évent, ses yeux et zones génitales.

• Ne pas être plus de cinq personnes à vouloir nager dans l’eau avec lui.

• D’autre part , nous avons constaté qu’il n’aimait pas être dérangé quand il interagit avec une personne en particulier. Si vous le faites, il peut vous montrer des signes d’énervement, ce qui est normal : entre êtres civilisés, on n’interrompt pas de façon intrusive une relation entre deux personnes. C’est le minimum du savoir vivre.

Il existe à Hawaï, un institut ou les dauphins collaborent avec les humains, (www.planetpuna.com). Peut-être est il temps que nous nous rapprochions des êtres de l’océan ?

-

Pour un institut humain-dauphin !

Étudier, protéger et entrer en communication avec les « dauphins ambassadeurs » (solitaires en quête de contact avec les humains), tel est le but d’un groupe d’amis de la nature, particulièrement alertés par les mésaventures du dauphin Dony. Ce dernier est apparu la première fois en juillet 2004 sur la plage du port de Royan, ce qui a aussitôt suscité, on l’imagine, une curiosité frénétique de la foule estivale. Dépassées par l’ampleur de l’événement, les autorités portuaires ont tout fait pour chasser l’animal, posant des balises anti-dauphins pour tenter de l’empêcher d’entrer dans le port. Même panique un peu plus tard à La Rochelle, avec rejet du dauphin par les pompiers. Comme si cette incapacité à gérer un contact non-ordinaire avec une autre espèce ne suffisait pas à vous désespérer du genre humain, on apprenait bientôt que certaines personnes avaient tenté sur le dauphin des plaisanteries aussi intelligentes que de lui enfoncer une bouteille dans l’évent, de s’accrocher à ses nageoires, ou de le surexciter en le traitant comme une peluche. En réponse à ce non-respect, quelques jeunes nageurs ont été molestés par le dauphin.

De ce triste constat a jailli l’idée de l’Institut Dony (nom attribué au dit dauphin). Il s’agirait de mettre en place une structure capable, sur toutes les côtes françaises, à la fois d’informer et d’initier les populations, de protéger les dauphins - et les imprudents plaisantins ! -, et de profiter de l’occasion de ce sublime contact pour développer une recherche, à la fois écologique, scientifique et médicale (et aussi artistique), bref, de relayer les autorités dans un domaine trop pointu et trop délicat pour elles. Le projet est en pleine élaboration !

Contact : Institut Dony, 36 route de Fougères, 41120 Coremeray, Tél. 06 25 10 16 61 - frederique.pichard@yahoo.fr