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Chers amis
Je me régale toujours autant en lisant Nouvelles Clés parce que je découvre de nouvelles idées ou de nouvelles façons de les exprimer, parce qu’un enthousiasme sans faille inscrit des valeurs en profondeur. Je veux aujourd’hui un peu réagir à l’article sur la nouvelle révolution des femmes et les dix prochains défis.
C’est un peu délicat parce que j’adhère sur le fond mais je suis à l’étroit dans certaines formulations et je voudrais m’en expliquer. Il ya maintenant une quinzaine d’années que j’anime un séminaire femme solaire et j’ai beaucoup appris et beaucoup évolué à travers ce travail. J’ai retrouvé un texte écrit il y a une dizaine d’années après la parution de la femme solaire et je vous l’envoie en pièce jointe.
Les affirmations d’Andrew Cohen sont surprenantes et me semble-t-il contradictoires. D’une part il s’agit d’un groupe de femmes dont il a initié l’existence et qui l’ont adopté comme référence spirituelle. Dans ce conteste il me semble difficile de récupérer un accès direct à la source d’inspiration, une autonomie de pensée, quelque chose sui vient du ventre de la femme. Or une phrase apparaît en exergue : « Tant qu’une femme est encore fondamentalement en attente, consciemment ou non de la part des hommes, je ne pense pas qu’elle puisse vivre une véritable égalité dans sa relation aux hommes ». Je crois même qu’on peut aller plus loin. Tant qu’une femme met entre elle et la vie, entre elle et Dieu, une pensée d’homme, une initiation d’inspiration masculine, elle n’a pas accès à elle-même.
Les femmes encore aujourd’hui cherchent trop à être des disciples de maîtres masculins, elles sont même fascinés par cet « époux idéal ». Il y a là un piège d’évolution. Ce n’est qu’à un certain stade de la connaissance et de la reconnaissance d’elles-mêmes qu’elles découvrent la spécificité d’une pensée féminine, d’une initiation féminine.
« L’ego féminin est plus blindé que le masculin ». Cette affirmation de Cohen appelle un commentaire. L’identité féminine est historiquement et collectivement plus blessée que l’identité masculine, plus identifiée à la victime et moins au bourreau. On comprend aisément que l’égo ait joué un rôle d’autant plus protecteur et reste menacé, friable. Pour autant la systématisation tyrannique du « j’ai raison » reste chez la femme beaucoup moins présente que chez l’homme. La structure fondamentale féminine reste presque toujours plastique et comme telle accessible à l’influence évolutive psychologique et spirituelle. C’est d’ailleurs pourquoi on la retrouve à 70% dans les mouvements de développement et dans les disciplines spirituelles. La femme est fondamentalement réceptive par le langage de son sexe et de ses hormones, elle n’est active que secondairement. Pour l’homme le processus est inverse et son engagement dans la conquête quelle qu’elle soit durcit son ego et se retrouve sous la forme de l’ego spirituel.
Par contre il me semble que la femme est restée plus proche de son corps, plus « célébrante » à l’égard de la vie, plus engagée dans le présent, moins attachée aux mirages de la parole. Comme telle la non-identification à son corps, l’élévation du bas vers le haut, de la terre vers le ciel n’est pas une voie naturelle pour elle. D’où cette résistance aux processus d’éveil qui lui sont proposés dans une voie masculine. A la femme il appartient peut-être davantage de conduire le chemin de l’invasion de l’esprit dans la chair, la matière et la terre, de remplir les gestes quotidiens de l’espace de l’esprit.
Nous le savons. L’étoile à six branches est constituée de la rencontre des deux triangles, l’un pointe en bas, l’autre pointe en haut, c’est ainsi que notre totalité humaine cherche à se construire. Les femmes qui habitent le triangle pointe en bas ont la possibilité d’intégrer le triangle pointe en haut et vive versa pour les hommes. C’est ainsi que nous nous construisons mutuellement. Ce qui demande aux uns et aux autres un respect nouveau et de l’espace mutuel.
Je suis persuadée que la constitution d’une intimité spirituelle entre hommes et d’une intimité spirituelle entre femmes est un préalable à une co-créativité et à la réalisation d’un amour conscient entre les deux sexes.